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 Caïn & Lia

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Caïn / Lia

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Race : Humain
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Date d'inscription : 06/06/2012

Feuille de personnage
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13/20  (13/20)

MessageSujet: Caïn & Lia   Mer 6 Juin - 20:10






[Fact One] Je sais que le concept du double perso est un peu spécial. J'espère que ce sera accepté. Chaque post sera vu des deux points de vue. Je les considère comme un seul personnage car l'un ne va pas sans l'autre. Il pourrait arriver qu'ils soient joués séparément si les besoins du rp l'exigent, mais ce n'est pas à l'ordre du jour, ce n'est donc pas un double compte déguisé en un seul.

[Fact Two] Première fois que j'écris à la première personne. Ça risque d'être brouillon au début. J'espère que non pour le confort de votre lecture. Je prends tout conseil et toute critique.

[Fact Three] La flemme de me relire pour le moment. Il restera sûrement quelques fautes d'inattention / de frappe / de je-tappe-un-premier-jet-trop-vite-et-fait-pas-gaffe-que-j'ai-mit- « é »-alors-que-je-voulais-mettre- « er ». (Rayer la mention inutile s'il y a.)

[Chuck Norris Fact] Quand Chuck Norris s'est mit au 100m, les jamaïcains se sont mit au Bobsleigh.



Nom : de Ballaad / O'Brian
Prénom: Caïn / Lia
Âge: 37 et 9 ans
Race: Humains tous les deux
Royaume de naissance : Aurhyne tous les deux
Rôle: Homme à tout faire
Classe: « Homme à tout faire »
Camp : Indépendant pour le moment
Arme(s) : Une dague courte pour Lia. Pour moi... et bien un canif, si vous considérez que c'est une arme. Mais il a plutôt une utilité pratique. Disons que si je dois en venir aux mains, j'utilise plutôt... mes mains. Enfin, mes poings.




Description Physique :


-Description de Caïn :

Je suis l'exemple même de la perfection. Quoi ? Ca ne vous suffit pas ? Bien, entrons dans les détails alors. Vous avez devant vous un mètre soixante-dix-sept de muscles finement ciselés sur un corps ni trop fin, ni trop épais. En effet, des années d'aventures toutes plus légendaires et dangereuses les unes que les autres m'ont permit d'entretenir un physique sculpté, si ce n'est athlétique. Pas une montagne de muscles saillants non. Plutôt de fins dessins laissant deviner une force à ne pas négliger.

J'ai la silhouette élancée et gracieuse, plus que beaucoup de nobles. La démarche assurée de ceux qui savent où ils vont, ce qu'ils font. J'ose dire que j'en impose même à de plus grands gaillards que moi. Mes yeux noirs et profond comme l’abîme peuvent paralyser d'effroi les pires malfrats de ce monde, d'un seul regard. On y lit une intelligence hors norme et une ingéniosité évidente. J'ai le cheveu noir et court, par soucis pratique. Les cheveux longs, ça flotte dans le vent, ça revient dans la bouche et dans les yeux, il n'y a rien de moins élégant. L'élégance, parlons-en. J'en ai à revendre, je vous l'assure. Sans me vanter, j'ai un certain succès auprès des femmes. Mes traits fins valent largement ceux des nobles, et elles n'y résistent que rarement. C'est évidemment parce que je sais comment traiter avec elles. (1) Mais nous y reviendrons.

Bref, qu'oublis-je? Je pourrais vous parler des heures de mon sourire affable qui en a fait fondre plus d'une, de mes mains qui, malgré le dur labeur, ont gardé un raffinement peu commun, ou de mes oreilles fines et graciles auxquelles rien n'échappe, mais vous finiriez par ne plus tarir de questions, et honnêtement, cela commence à m'ennuyer. Comment? Mes vêtements? Et bien allons-y si vous y tenez, mais je vous préviens, c'est la dernière. Alors , en général je porte des vêtements noirs et pas trop serrés, pour permettre un mouvement plus aisé, et pouvoir me dissimuler plus facilement. J'ai également un foulard autour du cou, que je relève sur mon charmant visage lorsque je désire ne pas être reconnu. Voilà, passons à autre chose, voulez-vous?

______

(1) Les mauvaises langues vous parleront de l'épisode Maria. Pour ma défense, je n'étais pour rien dans la présence de tous ces... objets sous la couette... Parole !

* * * * *


Pour la jeune fille, la plupart du temps, Caïn avait l'aspect typique du poivrot de base. Accoudé au comptoir d'une taverne, ou affalé contre le dossier d'une chaise de bistrot, il avait généralement une pinte à la main, un petit sourire d'ivresse sur les lèvres, et une barbe mal rasée constante. Débraillé et sentant l'alcool, il avait la démarche de celui qui n'aurait pas dû boire le dernier verre. Outre cela, c'était un homme assez commun dans l'ensemble, ni beau ni moche, et qui commençait à prendre de l'âge. Heureusement qu'il travaillait de temps en temps pour se maintenir en forme, sinon son train de vie en aurait déjà fait un pataud pansu et bon à rien.

Cependant, ce n'était pas toujours le cas. Parfois, Lia devait bien reconnaître qu'il émanait de lui un certain charisme. Durant le boulot, plus de zig-zag dans la démarche, plus d’œil vitreux ayant du mal à fixer un point précis. L' « homme à tout faire » connaissait son métier, et savait parfaitement ce qu'il faisait. Certes, souvent, sa malchance perpétuelle l'attirait dans les pires ennuis. Mais tout de même, il s'en sortait toujours grâce à son savoir faire. Dans ces moments là, lorsqu'il quittait son personnage hautain et odieux pour ne se concentrer que sur ce qu'il avait à faire, oui Caïn avait un brin de la classe dont il se vante sans interruption.


-Description de Lia : (Pas trouvé d'image satisfaisante. Si vous avez quelque chose de potable...)

En toute modestie, Lia était vraiment une belle enfant. La peau lisse et pâle, les traits fins, de grands yeux clairs, une chevelure lisse et soyeuse de jais... Pas trop grande, ni trop petite. Pas trop mince ni trop épaisse. Elle faisait fondre plus d'un cœur, et pas que des petits garçons. Aucun adulte ne pouvait lui refuser quoi que ce soit. Quel monstre pouvait bien vouloir du mal à un ange pareil ? Ses yeux bleus brillaient d'une malice toute enfantine et son sourire illuminait une pièce. Certes, ce n'était pas ainsi qu'elle-même se voyait, mais c'était bien l'image qu'elle renvoyait.

Elle aimait s'habiller de jupes et de longues chaussettes, sous de petits mocassins, d'une chemise et d'une veste par dessus. Un uniforme très scolaire, ressemblant d'ailleurs d'assez près à ceux de certaines écoles. Elle coiffait ses longs cheveux en couettes, car c'était bien plus pratique pour voyager. Fillette pleine d'énergie, elle passait le plus clair de son temps à courir, toujours pressée, et il était peu probable de la voir marcher d'un point A à un point B. Elle avait peu de classe, il faut être honnête. Trop curieuse de tout, elle prenait rarement le temps de se préoccuper de l'image qu'elle donnait. Aussi pouvait-elle faire tâche au milieu d'une société un peu trop... précieuse, par ses attitudes et habitudes... ignorantes des bonnes manières.

* * * * *

Et bien quoi Lia ? C'est une morveuse, voilà tout. Elle est petite, elle a deux yeux, une bouche, des genoux et des coudes. Je ne vois vraiment ce que je pourrais vous raconter de plus. Oui bon elle est mignonne, pour une gamine c'est vrai. Mais vraiment, rien d'exceptionnel. Pas comme certaine personne aux multiples talents que je ne citerai pas par humilité. Oui bon, si vous y tenez, c'est vrai qu'elle a de jolis yeux bleus. Même qu'on peut y voir toutes ses émotions défiler à une vitesse folle. Et quand elle est heureuse et qu'elle sourit, elle irradie tellement de chaleur qu'elle pourrait faire fondre les pôles. Non vraiment, elle n'a rien d'exceptionnel, la petite.



Description Psychologique : (10 lignes minimum, phobies/peurs à ajouter)


-Description de Caïn :

Il faudrait noircir des milliers de pages, pour espérer cerner ne serait-ce qu'une partie de ma complexe mais néanmoins captivante personnalité. Je vais essayer de vous faire un bref résumé, mais je ne vous promet rien. Encore une fois le mot perfection me vient aux lèvres. Mais je devine que, encore une fois, cela vous semblera insuffisant.

Alors allons y. Je suis un mélange subtil d'intelligence, de finesse, d'ingéniosité et d'habileté. En effet, outre mes évidentes qualités physiques, peu son capables de rivaliser avec mon esprit. Mon savoir est grand, ma subtilité encore plus. Je suis capable d'évaluer n'importe quelle situation et d'en tirer le meilleur parti. J'en ai connu, des événements inextricables, où ma vie ne tenait qu'à un fil, mais je m'en suis toujours sorti ! (2) Et ce, souvent plus grâce à ma tête qu'à mes muscles. N'allez pas croire que je suis un lâche ! J'ai le courage intelligent, simplement. Où est l'honneur dans la mort inutile et stupide d'un héros en armure rutilante qui affronte seul une hydre à six têtes ? (3) Il faut savoir reculer pour mieux avancer.

Excepté cela, je suis un modèle de calme et de sang froid. Je suis capable de garder l'esprit lucide dans n'importe quel cas. (4) Je suis également capable de générosité et de bonté. Certes, je tiens avant tout à mon confort personnel. Mais soyons honnête, qui n'est pas dans ce cas ? Bref, je pense que tout cela vous donne déjà matière à réfléchir. Attendons que vous l'ayez déjà assimilé pour y revenir plus en profondeur. Je m'en voudrais de vous donner la migraine, à vous forcer à réfléchir comme ça. Regardez, vous avez déjà les oreilles qui fument.

______

(2) Je ne vais pas en faire la liste détaillée, mais je peux tout de même citer entre autres les épisodes de la Faux du Néant, de Vulgar la Liche, de Bart « Lache-Moi-L'Slip », et du Cor des Abysses...
(3) Pauvre Bjorn... Mais je l'avais prévenu aussi, que ça repousse ces machins là.
(4) Et croyez moi, quand vous avez toute une armée de revenants aux fesses, ce n'est pas évident !

* * * * *

La fillette voyait en Caïn un homme parfaitement odieux au premier abord. Hautain, vantard, bavard, narcissique, égoïste, lâche, les péjoratifs ne manquaient pas pour le décrire. En effet, l'homme s'aimait plus que n'importe quel homme. Il passait son temps à se dépeindre comme l'Homme parmi les hommes, à chanter ses propres louanges, au point que ça en devenait presque insupportable. Inlassablement, il racontait ses innombrables et légendaires aventures, dont Lia était persuadée que la plupart venaient tout droit de son imagination. Et pour le reste, elle aurait mit son bras à couper qu'il n'y tenait pas le rôle principal comme il le laissait penser. Sans compter celles dont il grandissait exagérément les événements.

Par exemple, si vous le lui demandiez, ou même sans le lui demander d'ailleurs, il vous narrait avec plaisir l'histoire de Bart « Lache-Moi-L'Slip ». Et bien ne croyez pas un traître mot du combat épique dont il fait l'éloge en la racontant. Ni de la course poursuite frénétique de plusieurs semaines qu'il conte avec tant de passion. Bart n'était qu'un gamin des rues un peu plus malin que les autres, qui lui avait subtilisé sa bourse, et qu'il mit toute une journée à retrouver.

C'était également un lâche, qui préférait souvent éviter tout combat, afin de ne pas risquer sa peau. Car rien ne valait sa peau, pour cet homme là. Il aurait donné père et mère, et encore, avec une belle somme si cela pouvait lui sauver la vie. En effet, bien que si vous l'écoutiez, vous voyiez en lui un homme sans faille aucune, le voleur avait une peur panique de la mort. Au point qu'il supportait difficilement qu'on en parle en sa présence. De la mort, et des pigeons. Oui, la gamine passait son temps à les chasser de son chemin, car il ne supportait de s'en approcher, allez savoir pourquoi.

Bref, c'était également un fainéant vénal, et si Lia n'était pas là pour le pousser à accepter un travail de temps en temps, sans doute aurait-il dû se passer de ses soirées d'ivresse qu'il appréciait tellement.

Alors pourquoi le suivait-elle depuis près d'un an, vous demandez-vous ? Et bien c'était que sous cette immonde couche de défauts en tout genre, l'homme avait tout de même quelques aspects plus reluisants. Malgré sa capacité à s'adonner à des actes d'une bassesse peu pratiquée, Caïn avait un bon fond, la jeune fille en était témoin. Il pouvait lui arriver de se mettre en danger pour protéger une autre personne. Enfin, pour protéger Lia, mais c'était déjà ça. Il avait un certain honneur, et honorait toujours ses contrats et ses clauses. A l'employeur de faire attention aux clauses. Et si une chose était vraie dans toute les fanfaronnades qu'il étalait, c'était son intelligence et son ingéniosité. Il parvenait toujours à se sortir des pires situations, qu'importe à quelle point elles étaient mal embarquées. D'un bout de tissu et de boules de pétanques, il faisait une arme d'appoint. D'un étal de fruit une diversion parfaite. Et surtout, il savait utiliser ses dons de manière utile dans n'importe quel cas.


-Description de Lia:

La fillette était à la fois une enfant parfaitement normale et ayant dû grandir trop vite. Cela se traduisait par un comportement tout à fait enfantin la plupart du temps, mais parfois d'une maturité étonnante, en fonction de la situation. Mais prenons un point à la fois.

Lia était une gamine joyeuse, rieuse, et il faut l'avouer, parfois un peu turbulente. Elle pouvait parfois être un peu capricieuse, mais jamais dans l'excès. Surtout lorsqu'il s'agissait de bijoux. Elle adorait tout ce qui brillait, et avait parfois du mal à se retenir de s'en emparer lorsque l'un de ceux-ci lui passait sous la main. Néanmoins, la jeune fille mettait un point d'honneur à toujours agir de façon correcte et morale. Toujours agir pour le bien de tous, telle était sa façon de vivre. Certes, elle était encore trop jeune pour avoir un impact à grande échelle. Toutefois avait-elle au moins déjà pu convaincre Caïn de ne plus assassiner d'innocents. Et presque de ne voler qu'à ceux qui ne manquent de rien. Presque, car lorsque le travail est rare, il faut parfois faire des concessions.

C'était ce genre de prise de conscience qui donnait à la fillette un air étrangement adulte parfois. Cela en plus de son aptitude innée à garder son sang froid là où un gamin lambda serait déjà parti en hurlant. Oh, Lia avait bien des peurs évidemment. Il lui arrivait encore d'avoir du mal à dormir dans le noir. Et elle avouait n'être pas spécialement à l'aise en face d'adultes inamicaux. Il n'empêche qu'elle s'en tirait toujours admirablement bien. Oui, Lia n'était pas parfaite, mais elle pouvait tout de même se vanter d'être une enfant comme beaucoup aimeraient en avoir.

* * * * *

Lia  encore ? C'est une morveuse casse-pied surexcitée qui me colle aux basques depuis un an. Pourquoi elle vous intéresse ? Honnêtement, vous teniez un sujet autrement plus intéressant avec mon auguste personne. Enfin bref, si vous y tenez...

Donc c'est une gosse tout ce qu'il y a de plus gosse. Elle n'arrête pas de hurler, rire et pleurer, et au beau milieu d'une mission, il n'y a rien de plus insupportable.(5) Elle aime faire la fière, mais en général, elle meurt de trouille au premier pépin. Enfin, il faut reconnaître qu'elle a un talent certain pour le mensonge et manipuler les adultes. Elle vous parlera de « gérer la situation », mais la plupart du temps, il lui suffit de lancer un regard mouillé avec un air de chaton battu pour faire faire ce qu'elle veut à ses aînés.(6)

A part ça, elle est affublée d'une morale... démoralisante. Qu'elle ne vous voit pas en train de piquer une pomme sur un étal, vous auriez droit à une de ces gueulantes. Parce que oui, la petite a de la voix. Et le soucis quand on est un lardon, c'est qu'on oublie souvent qu'on peut s'attirer tout un tas d'ennuis à menacer une grosse brute de « se faire ratatiner par mon copain là ! ». En plus de ça, cette morale s'applique plus souvent aux autres qu'à elle-même. Elle raffole des bijoux et de ce qui brille en général. Ses « caprices », comme j'ai coutume de les appeler, peuvent donner lieu à de véritables crises de nerfs si elle ne les obtient pas dans la seconde où elle les aperçoit. Et si elle essaye de m'interdire de voler, cela ne l'empêche pas d' « emprunter » un objet lorsque l'occasion se présente.

Enfin, je dois tout de même avouer que ça peut être plutôt agréable, parfois, de l'avoir. Elle est toujours positive. Toujours le sourire aux lèvres. Et puis, ça fait de la compagnie...

______

(5) Lors de l'épisode de Berta « La Légère », elle affirmera que ce n'est pas sa faute si l'on s'est fait repérer. Mais c'est bien ses hurlements stridents qui ont alerté Berta. Et à cause d'elle, j'ai pu apprécier toute la « Légèreté » de la dite Berta. Personne n'a jamais porté plus mal son surnom si vous voulez mon avis. Je sens encore son gros croupion posé sur ma cage thoracique alors qu'elle hurlait à la garde...
(6) Votre serviteur en est le meilleur exemple. Elle m'a fait le coup une seule fois, et un an plus tard, je me la coltine encore.



Pouvoirs :


Caïn :

¤   Elément : Air (1) : Caïn a une affinité particulière avec cet élément qu'il manipule à la perfection. A tel point qu'il a préféré se passer de toute arme et n'utiliser que son don pour affronter ses ennemis. Il peut en faire littéralement ce qu'il veut. Ou presque.
¤   Endurance (1) : Plus une faculté de naissance qu'un véritable don, Caïn n'est pas vraiment conscient de le posséder. En gros, cela lui permet d'encaisser un peu mieux les coups que la norme, pour une personne de son gabarit. Chose très utile pour une personne se battant au corps à corps. De plus, il guérit un peu plus rapidement de ses blessures et tombe très rarement malade. Mais ce n'est pas quelque chose d’exceptionnel ou de visible à l’œil nu. Vous ne verrez pas une balafre se refermer d'elle-même, cela prend un peu moins de temps que la normale, simplement.


Lia:

¤   Soin des blessures (0,5) : Lia a un don naturel pour soigner les blessures. Cependant, étant encore très jeune, il n'est pas très développé. Elle ne peut vous recoller les tripes qu'on vous a arraché, vous faire repousser un bras, ou vous guérir de la peste. Elle ne guérit pas les maladies du tout d'ailleurs. Par contre, une entaille pas trop profonde, elle peut le gérer.
¤   Prescience (0,5) : Pas un véritable don de voyance, mais plutôt une intuition féminine sur-développée. Lia peut parfois avoir un bon ou un mauvais pressentiment. Elle arrive parfois à sentir un danger et peut ainsi essayer de l'éviter. Mais c'est toujours dans un avenir très proche, (les quelques minutes suivantes) et elle ne sait jamais de quoi il s'agit. Elle peut très bien ne pas se rendre compte de ce qui a provoqué ce pressentiment et tomber dans le piège tendu sous son nez.



Histoire : (20 lignes minimum)

Bon alors j'éviterai d'entrer dans les détails. Tout simplement car si je devais raconter dans l'intégralité tous mes exploits, on y serait encore dans un an, et très honnêtement, j'ai d'autres chattes à fouetter. Donc je fuis la formation de Cavalier Griffon lorsque j'eus douze ans. Comment ça, un peu brutale l'intro ? N'insistez pas, vous ne saurez pas d'où je viens. Vous n'en avez pas besoin. Enfin, si vous y tenez, je peux développer un peu. Donc, à l'âge de cinq ans, je fus repéré par un chevalier en vadrouille dans le bled où je vivais. Je devint page et suivit la formation habituelle jusque l'âge de douze ans, comme je l'ai déjà dit. Mais la rigueur militaire, ce n'était pas pour moi. Se lever tôt, suivre les ordres, risquer sa vie pour une cause, honnêtement, tout ça... Ca m'ennuyait profondément. Je me suis donc enfuit. Inutile de préciser que je n'ai jamais reçu de monture.

Après ça, j'ai utilisé ce que j'avais apprit pour vivre, en rendant des services plus ou moins honnêtes à toutes sortes de gens. Je ne m'en tirais pas trop mal, je me suis donc fait une petite réputation, qui a grandit avec les années. Votre serviteur est une véritable célébrité dans le milieu sombre de notre société. Bref il s'est passé tout un tas de choses, et à trente-six ans, j'ai rencontré Lia. Comment ça, encore trop résumé ? Mais je vous dit que si je vous parle de tout on en a pour des années. Ce n'est pas que ça me dérange de parler de moi, mais je le répète, j'ai autre chose sur le feu là. Vous n'aurez qu'à lire mes mémoires lorsqu'elle paraîtront. (7) Et puis franchement, je le vois bien que ce qui vous intéresse vraiment, c'est comment moi, Caïn de Ballaad, grand vainqueur de Lormar le Sanguinaire, assassin de Lyon le mage sombre, et héros de la bataille des Champs du Pélénor, – dont la réputation est très en dessous de ce qu'elle mériterait – j'ai pu me retrouver affublé d'une morveuse pleurnicharde dont je n'arrive pas à me débarrasser. Si si, ne niez pas, je le vois à vos regards. Et bien, tout a commencé dans Concordia, dans la petite taverne du Chien Galeux.

* * * * *

Lia entra seule dans le bouge infâme. Elle était habituée à côtoyer, si ce n'était la bourgeoisie, au moins des personnes qui savent qu'il faut prendre un bain de temps en temps. Aussi eut-elle du mal à se faire à l'odeur ambiante. Mais elle s'interdit d'y penser. Après tout, elle n'était pas là pour elle. Elle avait une mission à remplir, et elle y parviendrait coûte que coûte. La fillette releva le menton, afficha un air sûr d'elle, et marcha droit vers le comptoir. Des regards interloqués et vaseux se posèrent sur elle, mais elle montra toute la classe d'une grande dame en les ignorant. Elle devait avoir l'air de savoir ce qu'elle faisait, même si elle tremblait de peur intérieurement.

Arrivée au pied du bar, elle se rendit soudain compte qu'elle était plus petite que ce dernier. Elle faillit perdre contenance. Elle n'avait pas prévu cette difficulté. Mais non, il fallait qu'elle reste digne, sérieuse, crédible. Elle escalada donc un tabouret en essayant de garder le plus d'élégance possible, et y parvint plutôt bien, même s'il n'était pas difficile d'impressionner une bande d'ivrognes déjà complètement saouls. La gamine lança un regard sévère au barman, qui lui en rendit un fatigué.

-M'zelle, dit-il en enfonçant un torchon sale dans un verre pas plus propre. C'pas un endroit pour les p'tites filles, ici. 'Vaut mieux qu'tu rent' chez toi maint'nant. »

Lia avait prévu cette réaction, mais ça ne l'empêcha pas de se sentir dans ses petits souliers. L'homme était grand, avait une grosse voix, et même s'il n'avait pas semblé hostile, il n'en imposait pas moins. Mais toujours, elle devait rester affirmée. Aussi répondit-elle d'un ton ferme.

-Je le sais bien, voyez vous. Cependant, mes maîtres m'envoient trouver une personne, et je crois que je pourrais la trouver ici. »

C'était le rôle qu'elle s'était composé. Une servante en mission, qui accomplissait les ordres.

-Et qui c'est qu'tu cherches donc, gamine ? demanda le barman, l'air plus intéressé par son verre qui avait l'air plus sale que quand il avait commencé à le nettoyer que par l'histoire de la petite fille.

-Un certain monsieur de Ballaad. »

L'homme releva soudain la tête et la fixa droit dans les yeux. Il n'était ni étonné, ni effrayé. Simplement, il savait pourquoi en général on demandait cet homme. Il ne fit pas un commentaire, et après un moment de silence, pointa une table où quatre hommes étaient assis, dont trois jouaient aux cartes.

-Là bas, p'tite. C'est c'lui qu'a les pieds sur la table. Et s'tu veux un conseil, dis à tes maîtres qu'ils devraient s'charger eux-mêmes des sales besognes. Ca s'fait pas d'confier ça à une gamine de ton âge.

-J'y songerai. Merci monsieur. »

Lia sauta de son tabouret aussi dignement que possible, et se dirigea vers sa cible.

* * * * *

C'est la première fois que je la vois. A cet instant, j'ai les pieds sur la table de la taverne, et je suis négligemment appuyé sur le dossier de ma chaise. Ma pipe aux lèvres, baignant dans une fumée qui m'enveloppe de mystère, j'ai l'air serein. Et plutôt classe, il faut l'admettre. Les mains derrière la tête, je raconte une de mes innombrables aventures à mes compagnons de beuverie de la soirée, qui sont suspendus à mes lèvres. Ils boivent chacune de mes paroles comme venant des dieux eux-mêmes, tant ils sont passionnés. Certes, ce ne sont que quelques poivrots que je viens de rencontrer, mais c'est toujours agréable d'être ainsi admiré. Alors j'aperçois cette gamine qui entre dans le Chien. Enfin dans la taverne hein. N'oubliez pas que c'est le nom de l'endroit. Non parce que j'ai entendu vos mauvaises pensées rien qu'à votre tête.

Bref, une fillette dans un bouge mal famé, c'est étonnant, mais franchement j'ai vu plus surprenant, aussi reprends-je mon histoire.(8 ) Jusqu'à ce que trois minutes plus tard, la v'là-t-y pas qu'elle vient m'interrompre au beau milieu d'une scène des plus épiques ! Non mais je vous demande un peu ! Est-ce que je vais l'embêter au beau milieu de ses contes de fées quand on la borde, moi ?

-Monsieur Caïn de Ballaad? »

Et avec quel aplomb, quelle désinvolture elle jette un nom chargé de temps de gloire!

-Tu me connais, petite. Un point pour toi. Tu vas te présenter ou il faut que je t'arrache les mots de la bouche? »

Bon d'accord, je ne suis pas très sympa, mais j'avais trouvé exactement la tournure qu'il fallait pour rendre mon histoire magique! Ce n'est pas si évident, vous savez? Mais de toute façon, elle ne bronche pas, elle reste là, le visage de marbre, à me regarder, et me sort sa réplique apprise par cœur, j'en suis sûr.

-Je m'appelle Elena. Mes maîtres, qui souhaitent rester anonymes, aimeraient vous engager pour un... petit boulot. »

Une servante, donc. Ça je l'avais deviné à ses vêtements grisâtres typiques des employés de maison. A son ton formel également, froid, presque automatique, qu'emploient souvent les messagers. Ce ne doit pas être la première fois qu'elle fait ça. Cependant, quelque chose me chiffonne. Elle est un peu jeune pour porter les messages, et puis ses cheveux sont un peu trop bien soignés pour une domestique. Mais je hausse les épaules. Après tout, il y a des maîtres agréables. Même si ce genre là fait rarement appel à mes services. Je pose les pieds au sol, me redresse et souffle un nuage de fumée en faisant face à l'enfant. Bon d'accord, essayer d’impressionner une petite fille, ce n'est pas très glorieux. Mais elle m'agace aussi, avec son regard vide même pas un peu impressionné. Après tout, j'en ai fait flancher plus d'un d'un seul regard !

-Très bien, Elena. Alors premièrement, j'espère que tes employeurs savent qu'il faut payer d'avance. Et ensuite, qu'est-ce qu'ils veulent de moi ? »

Je vois à sa lèvre tremblante que ça a marché. Elle est un peu effrayée, et a sûrement envie de prendre ses jambes à son cou. Voilà ! Ca c'est le respect dont je suis digne ! On ne dira pas que Caïn de Ballaad est incapable d'effrayer un morveux de moins de dix ans !

* * * * *

Plus elle s'en approchait, plus elle pensait avoir mal choisit. Pourtant, elle en avait entendu parler en bien. Certes, il y avait également beaucoup d'histoires le décriant, mais néanmoins, Caïn de Ballaad avait la réputation d'être efficace, et pas trop cher. Cependant, l'homme qu'elle voyait à présent n'avait rien de l'espion tant redouté de réputation. Il avait plutôt l'air d'un ivrogne à moitié imbibé en plein milieu d'une soirée de beuverie. Il émanait de lui une forte odeur de bière et de tabac bon marché alors même qu'il restait à Lia quelques mètres à faire pour l'atteindre. Il était presque allongé sur sa chaise, en équilibre sur les pieds arrière de celle-ci, et la jeune fille était persuadée qu'il ne s'en rendait même pas compte. Il risquait de tomber à tout moment. Une petite pipe entre les dents, il semblait raconter une histoire à ses compagnons de table. Mais ceux-là jouaient nonchalamment aux cartes et n'avaient pas l'air d'entendre un mot de ce qu'il disait. Peut-être même ne se rendaient-ils pas compte que c'était à eux qu'il s'adressait.

Lia entama la conversation. L'homme paraissait passablement contrarié d'être interrompu au milieu de son récit. Il fronça les sourcils.

-Qu'est-ce qu'y a p'tite ? J'suis occupé, t'es qui d'abord ? »

L'alcool le faisait légèrement bafouiller. Il dû s'en rendre compte car il essaya de corriger cela ensuite. Lia énonça le pourquoi de sa venue. Elle essaya de garder l'air distant des messagers qu'elle avait vus en action, mais son cœur battait la chamade. Elle espérait que son mensonge passerait. Caïn enleva ses bottes de la table, et faillit perdre l'équilibre. Mais finalement, il retomba en avant, en faisant claquer les pieds de la chaise sur le parquet. Et comme on le disait de lui, il avait déjà accepté le travail sans savoir ce que c'était, du moment qu'il était payé. Il semblait un peu plus contrarié, comme si l'idée qu'une gamine puisse réellement lui proposer du travail était risible. Lia le savait, ça ne marcherait jamais !

Elle fit taire le tremblement de ses mains, et sortit de sa cape une bourse rebondie, qu'elle lui tendit et qu'il soupesa. Il y avait beaucoup d'argent, et elle avait prit beaucoup de risque pour le dérober. Elle espérait que c'était suffisant. Il fronça les sourcils, et exhala une autre bouffée de fumée, qui faillit faire tousser la gamine. Il avait également l'air plus calme lorsqu'il rangea la bourse dans la sienne. Il la prenait enfin au sérieux. Lia se laissa aller à pousser un soupir de soulagement, avant de se reprendre. Il n'était pas question de se trahir maintenant.

-C'est une grosse somme, nota l'assassin. Je suppose que tes maîtres ne veulent pas simplement un objet ou un document, n'est-ce pas ? »

Il avait l'air intrigué, et plus sérieux à la fois. Son phrasé était plus fluide, comme s'il avait brusquement dessaoulé.

-Non en effet, affirma Lia, en essayant de maîtriser sa voix. Il s'agit d'un...

-Tais-toi gamine ! On ne parle pas de ces choses là ici. »

Caïn se leva, jeta une pièce sur la table pour son addition, et se dirigea droit vers la porte.

-Suis moi, dit-il simplement. »

Et Lia le suivit.

* * * * *

Me voilà sur le toit d'une maison des quartiers moyens de Concordia. La gamine est avec moi. Elle a insisté. Apparemment, ce sont ses employeurs qui tiennent à s'assurer que je ne me trompe pas de cible. Pourtant ils devraient se rendre compte que d'assassiner un couple avec un lardon entre les pattes, c'est loin d'être le plus évident ! Car oui, mon travail, c'est bien ça. Éliminer le couple maître de maison. Et ouvrir la porte de la cave également. Oui, moi aussi je n'ai pas comprit, mais Elena m'a assuré que je comprendrai au moment où ce serait fait. Je ne sais pas qui sont mes victimes, ni pourquoi ils ont provoqué l’ire de mes employeurs. C'est un travail, c'est tout. Il n'empêche, j'ai une drôle d'impression sur cette affaire. Quelque chose cloche. Mais bref, nous voilà donc tous les deux sur ce toit – je ne vous raconte pas comment on y est arrivé(9) – en train de chercher le moyen d'entrer.

-Toi, tu ne bouges pas d'ici, j'ordonne, pendant que moi je nous ouvre un passage.

-Inutile, me répond l'enfant, la fenêtre du deuxième, façade nord, est ouverte.

-Et comment le sais-tu ?

-Je le sais, c'est tout. »

Nous nous approchons donc au nord, et effectivement, la fenêtre est ouverte. Il y a même un joli petit balconnet pour nous recevoir. C'est trop facile, mais j'y saute tout de même, puis réceptionne la petite, tout ça dans le plus grand des silences. On entre prudemment dans ce qui semble être une chambre, dont le plafond épouse les formes de la toiture. Une sorte de grenier joliment aménagé en chambre de fillette. Je jette un œil rapide autour de moi, mais ne trouve aucun piège. Seulement des peluches, des bijoux fantasy, des poupées... Et du rose. Visiblement, la petite qui vit ici est plutôt choyée. Je lance un regard neutre à mon employeuse.

-Les cibles ont une enfant ?

-Ils en avaient une, me répond-elle froidement. Puis sur un ton presque revêche : Ca pose un problème ?

-Non, j'affirme. Aucun. »

Et je ne mens pas. Ca ne m'a jamais dérangé. Mais ça ne rend pas le boulot plus agréable pour autant. Le plus intéressant dans tout ça, c'est l'attitude de la gamine. Depuis qu'on est à l'intérieur, elle a perdu son air assuré et froid. Elle est nerveuse, pâle, presque sur le point de fondre en larme. Mais elle se rend compte que je m'en suis aperçu, et ravale bravement sa salive, tout en essayant de recomposer son expression. Le succès est mitigé. Tout ça est de plus en plus étrange. J'ai un très mauvais pressentiment. Mais bah ! Après tout, ce n'est qu'une enfant, malgré toute l'assurance dont elle fait preuve. Ça doit être normal, de se sentir mal avant d'assister à un meurtre. Je ne sais pas, j'ai été formé à ça déjà tout gamin, personnellement.

* * * * *

Lia se sentait de plus en plus mal. Elle avait beau être persuadée que c'était ce qu'il fallait faire, ça ne l'empêchait pas d'avoir le cœur au bord des lèvres. Elle pensait s'évanouir à chaque pas. Mais il fallait qu'elle tienne bon, qu'elle aille au bout de son projet. Et elle devait tenir son rôle devant Caïn. Elle tenta de se ressaisir, puis prit les devants.

-Je sais où ils sont. Si tard, ils devraient être couchés, dans leur chambre, juste en dessous. Suivez moi.

-Tu sais beaucoup de choses, pour une simple servante, insinua l'assassin. »

Mais il n'en dit pas plus et se contenta de lui filer le train. Il avait été engagé pour un travail, et ne posait pas plus de questions que nécessaire. Toutefois, il jetait des regards prudents dans toutes les directions. Il se méfiait. Seule la gamine savait qu'il n'y avait rien de particulier à craindre. Ils descendirent l'escalier de bois jusqu'au palier du premier étage, pas plus bruyants que des chats sur une moquette. Enfin, Lia guida Caïn jusque la porte au fond du couloir.

-C'est ici, dit-elle de sa voix la plus ferme. »

* * * * *

-C'est ici, dit Elena. »

Sa voix tremble nettement à présent, elle est plus blanche qu'un drap à peine lessivé, et si elle me vomissait son dîner là sur mes bottes, ça ne m'étonnerait pas plus que ça. Elle se retient de pleurer à grand peine. Je n'ai pas besoin qu'elle nous fasse repérer en fondant en larme, aussi m'essaye-je à un exercice qui m'est inconnu. J'essaye de la réconforter. Hey, il n'est jamais trop tard pour s'y mettre, n'est-ce pas ? Je lui pose donc une main sur la tête, et lui fait un sourire que j'espère chaleureux.

-Ne t'inquiète pas, ça va bien se passer, je lui chuchote. Reste là pendant que je m'en occupe. Je viendrai te chercher quand ce sera terminé, et tu pourras confirmé à tes maîtres que tu as vu les corps. Ca te va ? »

Elle hoche la tête en tremblant mais ne dit rien. Bon et bien j'aurai au moins essayé. Je m'approche donc furtivement de la porte qu'elle m'a montré, et jette un coup d’œil par la serrure. Aucun mouvement. Je vois un lit, quelqu'un est allongé dedans. Endormi apparemment. J'appuie sur la poignée en silence, et pousse doucement le battant. La porte s’entrebâille sans un bruit. Il y a effectivement une personne endormie dans le lit. Je peux voir le rythme lent de sa respiration soulever les draps. Pas trace de la seconde cible. En revanche, une porte de l'autre coté de la pièce est entrouverte, et j'y entends des bruits d'éclaboussure. Une salle d'eau, sans doute, où l'un des mariés se sera rendu.

Pas de temps à perdre. Rapide et discret comme le félin, je m'avance près de la couche. La jeune femme qui y dort sur le coté doit avoir la trentaine. Elle est belle, et a un petit air étrangement familier. Mais je ne m'arrête jamais à ce genre de considérations. Je lève une main, et autour de mes doigts se forme une lame d'air invisible. Proprement et en silence, je lui tranche la gorge. Son sang chaud coule sur l'oreiller alors qu'elle écarquille les yeux, sans comprendre ce qui lui arrive. Je lui plaque une main sur la bouche et le nez, pour étouffer tout bruit. C'est que les halètements désespérés, ce n'est pas ce qu'il y a de plus discret, 'voyez ? Lorsqu'elle s'immobilise, je vais me poster près de la porte de la salle d'eau, du coté où le battant s'ouvre. Lorsque le mari entrera dans la pièce, je serai dissimulé par la porte. Et j'attends. Pas très longtemps. Au bout d'une ou deux minutes, l'homme entre dans la chambre, en sous vêtements, de l'eau encore sur le visage.

-Ca fait du bien! s'exclame-t-il. »

Il s'approche du lit, et je le suis à pas de loup.

-Elenöre, tu dors déjà ? »

Tout se passe alors en une seconde. Je m'apprête à frapper lorsque le mari secoue légèrement sa femme. Celle-ci retombe en arrière, la gorge ouverte offerte aux regards. Dans un cri, il recule, et me percute. Je trébuche en arrière et tombe sur l'arrière-train. Mon orgueil en prend un sacré coup. Juste avant mon crâne. Comprenant en un instant le pourquoi de ma présence, ma victime attrape le pot de fleur posé sur la table de chevet et me le brise sur la tempe en hurlant. C'est une homme grand et costaud. Le coup me renvoie au sol, sonné pour le coup.

-Toi ! Qu'as tu fais à mon Elenöre ? Je vais t'étriper ! »

Il pleure à chaudes larmes et s'apprête à m'infliger la correction de ma vie, lorsqu'un objet vient lui percuter l'épaule. Il se retourne et voit Elena elle aussi pleurant à chaudes larmes, le bras tendu.

-Lia ? Mais qu'est-ce que tu fais ? Va vite appeler la garde !

-Désolé papa, sanglote la gamine. »

L'homme a juste le temps de comprendre que sa fille vient de le trahir, et moi aussi par la même occasion, avant qu'une lame de vent vienne le trancher dans le dos, de bas en haut. Il s'effondre au sol dans un gargouillis, une plaie béante et sanguinolente partant du crâne et se terminant dans le bas du dos. D'accord, j'y suis peut-être allé un peu fort, mais la bosse que j'aurais demain rendra mon visage beaucoup moins charmant. Je me masse la tempe, et jette un regard sévère à la gamine. Elle est tombée à genoux, et pleure franchement maintenant. Elle essaye de me bredouiller quelque chose, mais je l'interromps.

-Pas maintenant les explications, El.. Lia. D'abord la cave. Ensuite on s'en va d'ici, au cas où le bruit aurait alerté les voisins. On y va. »

Je l'attrape par le bras et la force à se relever. Peut-être un peu brutalement. J'ai un peu de mal à avaler de m'être si facilement fait avoir par une gamine, de huit ans, je l'avoue...

* * * * *

Pendant toute la descente, Lia pleurait à chaudes larmes, et Caïn ne lui lâcha pas le bras. Il la portait presque et l'aidait à avancer. Il avait raison, il ne fallait pas traîner, mais elle n'arrivait pas à s'en remettre pour le moment. C'était fait. Ses parents étaient morts. Elle avait beau savoir qu'ils le méritaient, elle ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir. C'était des monstres, mais elle, ils l'avaient aimée. Et elle les aimait. Enfin, ils arrivèrent au rez-de-chaussé, puis devant la porte qui descendait au sous-sol. La fillette s'arrêta un instant.

-Ca va aller ? demanda Caïn. »

Il semblait réellement préoccupé. C'était qu'elle devait donner une image aussi déplorable qu'elle le pensait. Mais il ne fallait pas. Pas en cet instant. Elle essuya d'un revers de manche ses larmes, prit un instant pour respirer profondément, puis hocha la tête. Elle avait eut ce qu'elle voulait. Elle avait eut raison, il fallait qu'elle s'en tienne à cette idée. Elle prit autour de son cou une grosse clé en fer, pendue à une chaînette, qu'elle introduisit dans la serrure. Ils descendirent ensemble les sombres escaliers qui menaient à un petit sellier tout ce qu'il y avait de plus banal. Ici était entreposées des provisions en plutôt grand nombre pour une famille de trois personnes, mais rien d'anormal. L'assassin jeta un regard perplexe à l'enfant.

Celle-ci s'approcha d'un candélabre accroché au mur et tira dessus. Un déclic se fit entendre, près d'une étagère sur laquelle étaient posées diverses épices, et elle bougea légèrement. Lia en attrapa une planche et tira, dévoilant une entrée dissimulée derrière. L'escalier qui descendait était noir d'encre, et si bas de plafond que Caïn dû se courber en avant pour y passer. Il suivait toujours la jeune fille, qui ouvrait la voie une torche à la main. Ils débouchèrent sur une vaste salle, toute en pierre. Au centre, une cage aux larges barreaux de métal entourait une sorte d'arène. Des gradins étaient disposés de part et d'autre de l'objet, qui avait été tellement aspergé de sang qu'il en était presque entièrement rouge.

-Mais qu'est-ce que c'est que ça ? interrogea l'assassin. »

Même lui semblait choqué par ce lieu.

-La salle de jeu de mes parents et de leurs amis, répondit Lia. Ils y organisaient des combats d'esclaves. Ils pariaient dessus... »

L'homme ne dit rien, mais son air était sombre. Au fond de la pièce, une autre porte les mena dans une pièce toujours plus obscure. Lorsque la torche l'éclaira, une série de gémissement les accueilli. Là, entassés dans des cages, enchaînés aux murs, ou attachés à divers instruments de torture, des hommes, des femmes, et des enfants crasseux de toutes races, amaigris et blessés gisaient. Certains étaient sûrement déjà morts. Pour d'autres, ça ne tarderait sûrement pas.

-Lia ? interrogea une voix. Lia c'est toi ?


-C'est Lia ? reprirent en cœur plusieurs d'entre eux.

-Oui c'est moi, répondit l'enfant avec un sourire triste. Ça y est c'est finit, affirma-t-elle. Vous pouvez partir. »

* * * * *

Après ça, je l'ai emmenée au pub du Renard Assoupi. Bien trop dangereux de retourner au Chien Galeux. Lia m'a expliqué que depuis qu'elle sait marcher, ses parents l'envoyaient nourrir leurs « jouets ». Ils ne la traitaient pas mal, bien au contraire. Mais pour eux il était normal qu'elle participe aux affaires de la famille. Les paris engendrés par les combats leur rapportait un joli pactole, et la gamine en profitait aussi. Mais en grandissant, elle en était venu à détester ce que ses parents faisaient à d'autres hommes. Il fallait que quelqu'un y mette un terme. Elle aurait pu les dénoncer, mais ils avaient les autorités dans leur poche. Enfin, dans leur porte-monnaie devrais-je dire.

Lorsque nous les avons libérés, chaque homme, chaque femme, chaque enfant a serré Lia dans ses bras, et l'a remercié. J'ai également eut le droit à mon lot de gratitude, et je crois bien que si aujourd'hui on entend encore parler de l'histoire de « Caïn le Libérateur » dans les tavernes, c'est grâces à ces hommes et ces femmes qui l'ont répandue. En même temps, comment leur en vouloir de m'admirer ?

Bref, la petite Lia se retrouvait seule. Je lui ai promit de l'emmener à l'orphelinat le plus proche. Légalement, elle y finirait de toute façon. Elle était trop jeune pour hériter des biens de ses parents lorsqu'on les découvrirait morts, et ne pouvait se débrouiller seule. Lorsque je lui en parla, elle leva le menton et me jeta un long regard mouillé de chien battu. A en faire fondre le cœur du plus glacial des hommes. Je soupirai lorsque je lui dit :

-Écoute, je ne sais pas si tu penses à venir avec moi, mais...

-Youpi !!!! »

Elle se jeta sur moi, me serra dans ses bras, et je n'eut pas le cœur de la repousser. Allez savoir pourquoi. Ce fut la plus grande erreur de ma vie. Vous savez quelle fut la première phrase qu'elle me lança après ça ? Je vous le donne en mille : « Tu m'achèteras des bijoux ? »

Voilà pour l'histoire. Comment ça, « il en manque » ? Je le sais bien, qu'il en manque, mais je vous l'ai dit, je n'ai pas le temps de tout raconter. D'ailleurs il faut que j'y aille. Alors débrouillez vous avec ce que je vous ai donné. Sur ce, à la prochaine, mon ami.

______

(7) En cours d'écriture, à paraître prochainement aux éditions Contes et Légendes de Comptoir. Parlez-en à vos amis !
(8 ) J'ai vu un éléphant rose rouler un patin à une souris verte, par exemple. Si si, je vous jure ! Et non, l'alcool n'avait rien à voir là dedans !
(9) Une histoire de poubelles, gouttières, fil dentaire et chien qui hurle. Pas très intéressant, je vous assure.



Quel âge as-tu?: 22 ans
Quel est ton prénom?: D.
Disponibilité sur le forum?: Trop peu hélas. Je taf pas mal. J'devrais pouvoir poster au moins une fois par semaine. Plus si semaine calme. Moins si semaine chargée. (Parce que oui, les semaines de 60h, ça peut exister...)
Que penses-tu du forum?: Design superbe, contexte intéressant. Des faux airs d'un ancien fofo que je fréquentais. Erl... Mais noooon !
As-tu lu les règlements?: Ouais ouais.
Le code ?: Validé par Sirius.






Dernière édition par Caïn / Lia le Jeu 7 Juin - 7:39, édité 2 fois
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Sirius



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MessageSujet: Re: Caïn & Lia   Jeu 7 Juin - 7:16

Bienvenue sur Shattered Emblem! Et bravo! Tu as trouvé la phrase originale. Pas très compliqué n'est-ce pas, hein? Wink

Alors je n'ai rien contre le fait d'avoir un compte pour deux personnages, et la seule condition que j'aurais imposé est de séparer les points de pouvoirs entre les deux personnages, ce que tu as fait.

    Tes descriptions physiques et psychologiques me vont. J'ai eu peur de ne voir aucun défaut au début, mais la partie qui suivit a apaisé mes peurs^^ Je trouve que c'est une bonne idée d'avoir rajouter la personnalité vu par l'autre personnage.

    Ensuite pour tes pouvoirs.
    Un Cavalier griffon a simplement 2 points pour la magie. De plus nous n'acceptons pas les O,75 ou 1,25 point. C'est soit 0,5 ou 1 ou 2 points. La maîtrise du pouvoir peut différer ensuite. Si on peut accepter que Lia a les deux pouvoirs que tu lui a mis, alors tu vas devoir cependant enlever un pouvoir, car l'endurance pouvant être utilisé au combat prend 1 point complet.

    J'aime beaucoup ton histoire, qui est très agréable à lire. Pour les esclaves, cela serait plus logiques qu'ils soient d'autres races, vu que les humains peuvent être très racistes.


Voilà.


Ecriture: #7D422C
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MessageSujet: Re: Caïn & Lia   Jeu 7 Juin - 7:32

Merci pour ta réponse et les compliments. C'fait vraiment plaisir, sachant que c'est un peu expérimental tout ça, et que j'étais pas sûr que ça plairait.

Le 1.25 ou 0.75 c'était juste pour signifier qu'il y en a un qu'il maîtrise mal et l'autre très bien. Mais je peux modifier ça. Je pensais que c'était les chevaliers qui n'avaient que 2 points par contre. Enfin, s'il faut enlever un pouvoir, pas de soucis je fais ça dans l'instant. C'toi l'boss, boss! J'édite également en 1 et 1 alors, et je vire la foudre.

Merci encore. ^_^

EDIT: Done! Et je me suis occupé aussi des esclaves. C'est vrai que c'est plus logique. (Bon, j'ai rajouté trois mots, j'avoue que je me suis pas foulé. Mais j'ai pas le temps et la flemme de réécrire le paragraphe. ><)
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Adria

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MessageSujet: Re: Caïn & Lia   Jeu 7 Juin - 15:55

Ça passe comme une lettre à la poste Razz
Je vais faite le perroquet, mais bon.

Comme Sirius, pas de problème pour avoir 2 persos sous un compte, je pense que Caïn serait insupportable sans la présence de Lia pour le rabaisser un peu :p
Pour les descriptions, rien à redire, j'aime beaucoup le fait que tu les sépare selon leur point de vue respectif. Pour deux persos en 1, je pense que c'est même essentiel.

L'Histoire... Je réserve de suite un exemplaire des mémoires de Caïn xD (Bref j'adhère).

Je te donnes donc mon oui avec un niveau 11 qui se répercute en niveau 6 pour Lia (tu pourras lui offrir un collier pour l'occasion *zbaff*).

A bientôt en RP alors ! Smile


PS : Et oui ce ne sont que des faux airs, SE n'arrive pas à la cheville de ce fameux forum Wink


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MessageSujet: Re: Caïn & Lia   Jeu 7 Juin - 17:01

J'aime quand nous pensons la même chose, Adria Wink

Et comme c'est moi l'boss, je te valide également avec un niveau 11.

Comme tu ne peux afficher le niveau de Lia, il serait bien de l'écrire dans ta fiche de personnage. Dans la section Arme Magique ou Ecuyer comme tu le sens :p

Et parce que tu as fais ta présentation rapidement, tu auras le droit à un rang personnalisé - c'est juste que je ne sais pas quoi mettre donc envois moi ce qu'il te plaît par mp- et une belle couleur!
Enfin si tu aimes le vert menthe.


Ecriture: #7D422C
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MessageSujet: Re: Caïn & Lia   

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