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 Le Bon, la Brute et la Trahie [Caïn/Lia & Cham]

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Cham

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MessageSujet: Le Bon, la Brute et la Trahie [Caïn/Lia & Cham]   Jeu 14 Juin - 15:16


Le soleil au zénith était ce qu’il y avait de mieux pour les nombreux et bruyants commerçants de la place du marché. Le beau temps amenait les foules, les foules amenant de l’argent…ce dernier étant la clé du bonheur ou du moins, l’espérance d’un autre jour de survie. Criant à tue-tête afin d’attirer le peu de clients pouvant réellement remplir leur caisse de quelques pièces, certains d’entre eux allaient même présenter leurs produits au nez des passants, leur retirant quelques monnaies lorsque il y avait bonté et empathie….ou insouciance car il ne fallait pas oublier que toute ville a ses voleurs et escamoteurs. Les colporteurs braillaient leur ruses, les usuriers frottaient leurs mains en attente des endettements de leurs futurs clients, tous s’activaient dans un théâtre de mouvement qui n’était rien d’autre que le quotidien de la plupart d’entre eux. Et comme pour rythmée l’effervescence présente, un barde c’était mit à réciter une chanson de geste, l’accompagnant d’une vièle dont le son parvenait à partiellement couvrir le brouhaha du marché…

C’est d’ailleurs en s’attardant sur le jeu du musicien qu’il les aperçu à quelques mètres de ce dernier, marchant côte à côte en observant les divers étalages. Le premier, un homme de haute stature et à la physionomie parfaite avait tout du stéréotype qu’on donnait à la noble gente. Certes, il n’était pas l’homme le plus beau de tout Concordia, mais il aurait été insensé de le comparer à un vulgaire vilain. Ses habits étaient à la fois soignés et neutres, tout comme sa démarche semblait assurée malgré la promiscuité de la foule curieuse. Toutefois, il ne s’agissait là encore que d’une apparence et la fine barbe mal rasée qui recouvrait son visage fort suffisait au voyeur pour lui rappeler une certaine débauche observée quelques jours plus tôt. Derrière cette charmante apparence ce cachait un formidable poivrot, un habitué des tavernes dont de nombreux tenanciers vantaient les quantités astronomiques de pintes siphonnées. On pourrait alors se demander ce que cherchait l’observateur, accolé contre l’une des colonnes d’une allée hypostyle à plusieurs mètres de là. Le regard de celui-ci c’était ensuite posé sur la jeune fille qui accompagnait le larron, le détaillant d’avantage en prenant soin de rester dans la pénombre qu’offrait le bâtiment. Cette fillette, pleine d’énergie et de fougue, devait être vierge de l’éducation et de l’étiquette que l’on enseignait aux jeunes demoiselles. Bien qu’attendrissante par sa pureté et parfois capable de raisonnements remarquables, elle n’en restait pas moins très plébéienne aux yeux du furtif qui afficha néanmoins un fin sourire pincé lorsque celle-ci montra une échoppe de joyaux et pierreries situés à plusieurs coudées. Et à l’image d’un romantique prédateur, l’épieur quitta promptement sa place, récitant un poème à voix basse…

L’attitude frivole et joyeuse de la jeune fille contrastait avec la nonchalance de l’homme qui l’accompagnait, ce dernier s’étant retrouvé largement en retrait depuis que la plus jeune avait découvert l’étale brillant du bijoutier. Son étal était modestement fourni, bien plus décoré que rempli mais assez pour attirer les femmes et autres précieux personnages des alentours à se laisser tenter. Parmi les objets exposés se trouvaient des bagues serties de toutes sortes de pierres dont la plupart n’avaient de précieux que leur prix, des bracelets aux maillons grossiers mais dont la surface brillait anormalement ainsi que des boucles d’oreille toutes aussi diverses que fantaisistes. Et parmi le lot, un humble collier dont le style différait des autres bijoux, adoptant un caractère plus sombre. Le vendeur, étant aussi le fondeur, appuyait la qualité de son travail en expliquant les difficultés qu’il avait eu à trouver les meilleurs matériaux. Devant l’étalage de son soi-disant savoir, trois femmes d’aristocrates gloussaient en gonflant leur poitrine retenue par un corsage inadapté à leur forte corpulence. Au milieu de cet attroupement outrageusement parfumé se tenait la jeune fille qui fixait le collier avec de grands yeux. Elle avait été attisée par sa simple beauté, sans doute par la présence de la petite amulette en œil-de-tigre. Mais malheureusement pour elle, l’objet était déjà la proie des vaines dames dont l’une, sans doute la plus fortunée et la plus grossière, s’était penchée en révélant son révoltant décolleté :

- Dîtes-moi, Gueux… (L’appellation ne manqua pas de faire glousser les deux autres dames, de vrais dindons) De combien oseriez-vous me dilapider pour ce collier ?

La nature, belle et ordonnée, s’était parfois laissé à la plaisanterie et cette femme en était la preuve. Presque capable d’occulter une bonne vache de par sa corpulence, sa voix était aussi aigue et légère que celle d’un pinson. S’il en avait pas pour son argent, le bijoutier se serait sans doute laissé tomber à rire aux éclats mais il se devait de nourrir sa famille…tout comme il n’était pas à l’abri d’une condamnation : qui sait avec qui elle partageait sa couche…le pauvre.

- Chère dame, vous avez l’œil et le bon ! (Il prit délicatement le collier, sans doute déjà trop enthousiaste d’une vente déjà faite) J’ai été chercher cette pierre dans les tréfonds des gorges de Ràhva, plusieurs longues journées de marche, pl…
- Il suffit gueux ! (Coupa sèchement la grosse dame et s’éventant nerveusement) Dîtes-moi le prix et qu’on en finisse… Vous donner mon argent n’est déjà pas mince chose à faire…mais ne dit-on pas qu’il faut souffrir pour être belle ?

On aurait cru qu’elle attendait qu’on acquiesce à ses plaintes mais rien ne vint. Seul le vendeur prit le temps de souffler, avant de donner un prix qui semblait dépasser de loin ce que la jeune fille possédait, à l’inverse de la noble qui ne fit qu’émettre un soupir bien plus par vanité et avarice qu’autre chose. Celle-ci s’apportait à sortir la somme d’on-ne-sais-où de sa longue robe lorsqu’une voix vint l’arrêter dans son geste :
- Je crains être le témoin d’une formidable escroquerie…

La voix avait suffit à arrêter l’opulente femme dans son geste, avant que celle-ci ne se tourne pour découvrir l’auteur de cette mise en garde. Il s’agissait d’un autre noble à en jugé par ses habits verts soignés et couteux, ainsi que les regards moins médisants que les femmes lui lancèrent. L’une d’elle, celle qui était le plus près, présenta sa main afin qu’il exécute le fameux baisemain mais le nouveau venu n’y donna aucune suite, s’avançant vers l’étalage où le vendeur le regarda se pencher, étonné :


- Vous… ??

Il voulu continuer mais le regard au coin du noble le fit taire, le forçant à le regarder examiner le collier à l’image d’un connaisseur. Et après quelques secondes de mutisme partagé, le noble redéposa le collier :

- Ceci ne mérite pas la somme que vous demandez… (Il se tourna vers la noble) Tout comme ce collier ne mérite pas votre opulence
- Mais ! Vous…
- ….silence vilain. Je m’adresse à madame.

La concerné plaça son éventail devant son nez rougit, avant de glousser à niveau au doux plaisir des personnes environnantes. Gonflant sa poitrine en s’approchant du noble, elle voulu plonger son regard dans ses yeux ambrés mais ce dernier se détourna d’elle, complètement indiffèrent à un charme aussi vivant que l’Ordre des Gardiens de l’Ether. L’homme s’était mit à d’avantage observer l’objet, ignorant ainsi les légers gestes aguicheurs de la femme qui finit par se rapprocher d’avantage, engendrant ainsi une gène de la part de l’expert qui se sentit dans l’obligation de réagir :

- Chère… ?
- Madame de Greaubaloure. Oublions ce collier, voulez-vous ? (Il sembla sourire) Tournez-vous plutôt vers ma personne…
- Bien… (Il reposa son regard sur l’objet tout en continuant de sa voix calme) S’il vous faut tant améliorer votre physique, je vous conseille de vous rendre au forgeron à l’est de la capitale. Il semblerait qu’il soit particulièrement doué avec les cas difficiles.

La remarque, contenant néanmoins une part de vérité, fut mouche et irrita la dame qui perdit toute affection pour cet homme. Tournant les talons, non sans bousculer la jeune fille qui s’était faite discrète parmi les nobles, avant de s’en aller en appelant ses laquais à ses pieds. Ces dernières, dévisageant l’homme une dernière fois, s’en allèrent elles aussi en poussant un soupir tout aussi faux qu’inutile, laissant les deux derniers clients face à un vendeur visiblement très déçu d’avoir perdu une coquette somme. Furieux, il voulu reprendre l’homme qui avait ruiné sa transaction mais fut à nouveau interrompu par son regard, bien plus dense cette fois-ci. Puis, reprenant un faciès des plus contracté, l’homme se tourna vers la jeune fille, lui présentant le collier :

- Veuillez excuser l’attitude de certains semblables, bien que j’ai peine à penser qu’un quelconque lien me rattache à elle… L’aristocratie et la facilité ont la particularité de faire ressortir les vices et le mauvais côté des gens. Et pourtant, nous sommes censés montrer le bon exemple. (Il regarda brièvement le vendeur, visiblement bien plus calme, s’adressant toujours à la jeune fille) J’imagine que ce collier est dorénavant à votre portée. C’est une belle pièce, mais le prix précédent nuisait plus à sa beauté plutôt que de lui donner sens.

Un dernier regard vers le vendeur avant que l’homme ne prenne congé, il s’en alla comme il était venu, gracieusement et sans prévenir, en observant quelques étals en feignant l’intérêt. Il disparu rapidement parmi la foule, laissant la jeune Lia face à ce collier désormais accessible. Elle venait de faire la rencontre de Cham : un noble dont beaucoup s’accordait à dire qu’il avait le cœur léger malgré sa présence discrète et son amour pour les plaisirs solitaires. Ce qu’elle ne savait pas, c’est que lui en savait bien plus sur elle et qu’elle allait bientôt tomber dans sa toile.



Dernière édition par Cham le Sam 16 Juin - 6:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Bon, la Brute et la Trahie [Caïn/Lia & Cham]   Ven 15 Juin - 20:58

[Relecture plus tard. Excuse les fautes et approximations dans la syntaxe. Tous les postes ne seront pas aussi longs je te rassure, c'est juste parce qu'il fallait bien une intro. =)]


La jeune fille passait d'étal en étal à la vitesse de l'éclair. Courant et sautant ça et là, bousculant les nombreux passants, et ignorants leurs protestations. Caïn suivait à quelques pas, un peu plus lentement. Il conservait un air neutre de badaud lambda, mais elle savait qu'il bouillait intérieurement. Il détestait ce genre d'endroits, où une populace crasseuse ne méritait pas son auguste compagnie. Lia lui avait une fois fait remarquer que la clientèle des tavernes était bien pire, ce à quoi il avait répondu qu'elle comprendrait quand elle serait plus grande. L'une de ses habituelles techniques de fuite. Elle jeta un regard en arrière vers son compagnon, et lui lança un sourire radieux. Elle savait que le traîner sur la place du marché l'ennuierait profondément, et elle y prenait un certain plaisir, il fallait l'avouer.

Il y avait près de deux heures qu'ils y flânaient à présent, et Lia avait déjà en sa possession deux nouveaux bracelets, soigneusement rangés dans sa sacoche afin d'éviter les pickpockets. L'endroit était une vaste esplanade, bondée autant que possible d'éventaires proposant diverses marchandises. Le tout était parfaitement organisé par les autorités, si bien que des allées se dessinaient entre parfaitement rectilignes entre les commerçants. Mais afin d'en caser le plus possible, au fil des années on avait réduit la largeur des allées si bien qu'elles étaient devenues de simples « ruelles » étroites et bondées. Et que ça hurlait à qui mieux mieux, et que ça débattait de qui proposait le poisson le plus frais, les potions les plus miraculeuses... Lia adorait cette ambiance, et chaque fin de contrat, elle le traînait ici pour y dépenser une bonne partie de ses gains. A son grand désarroi, même s'il le cachait plutôt bien.

* * * * * *

Je déteste ça. J'ai l'impression que cela fait des jours et des jours que nous nous traînons sur ces sentiers bourrées d'idiots qui se bousculent les uns les autres, s'engueulent et se volent. Sur ma gauche, je surprends un filou qui subtilise la bourse d'une vieille dame. Vraiment, aucun honneur... Un peu plus loin, dans l'allée, un forgeron et un poissonnier se battent à coup de truites. Je crois que le sujet de la dispute concerne la fraîcheur des poissons en question... Un peu plus loin, un vieil homme à la longue barbe blanche arnaque les passants en leur distribuant à prix d'or une potion soi-disant magique qui rendrait plus fort. A coté d'eux, un petit homme roux et rondouillard, juché sur un bouclier porté par deux hommes, vente la solidité de ses créations. Enfin, pas très loin à droite, un jeune garçon pince le postérieur d'une riche cliente rougissante derrière son éventail, alors même qu'il tient la main de sa fiancée. Non vraiment, les marchés sont des endroits malsains. (1)

Mais voilà, Lia les adore. Sans doute la naïveté de l'enfance, elle ne les voit pas avec ma sagacité. Il n'empêche, depuis un an, chaque fois que je termine un contrat, je suis obligé de faire le tour des pires escrocs d'Aurhyne pour y dépenser presque entièrement ce que je viens de gagner. Et par voie de conséquence, je suis forcé de travailler beaucoup plus souvent. Enfin ! Si je refuse de lui acheter ce qu'elle veut, elle pique des crises de colère monstrueuses. Ses caprices vont jusqu'à m'empêcher de boi... je veux dire, de me détendre tranquillement. Donc je cède. Et puis vous me connaissez, j'ai toujours été la générosité incarnée...

Perdu dans mes réflexions, je me rends compte que j'ai perdu la gamine de vue. Un rapide coup d’œil circulaire me l'indique à quelques pas à peine, devant un nouvel étal de bijoux, tous plus brillants les uns que les autres. De la camelote, si vous voulez mon avis. Elle a déjà repéré un collier qu'elle fixe sans ciller. On dirait un chaton en train de chasser. Lorsqu'elle m'aperçoit, elle se retourne et affiche un grand sourire, des étoiles plein les yeux. Et voilà, je vais encore devoir casquer. Je soupire. Vraiment, jouer les baby-sitter et les poches sans fond, ce n'est pas digne du grand guerrier qui a vaincu Nokan le Barbare en combat singulier. (2) Je suis encore à une dizaine de mètres d'elle quand elle me hurle :

-Caïn ! Caïn ! Je veux celui-là aussi s'il te... »

Elle est interrompue lorsque une bourgeoise ventripotente la bouscule. Je fronce les sourcils. On ne lui a pas apprit les bonnes manières à celle-là ? Puis je me rends compte que c'est pas une simple nantie. Le port, la démarche, le phrasé. Et la myriade d'amies en train de glousser autour d'elle... C'est une noble. (3) Et pas de n'importe qu'elle classe. Vu la richesse de ses vêtements, et la foule autour d'elle, elle est de haut rang. Elle s'est approchée de l'étal accompagnée de deux heureuses élues parmi la procession, sans doute ses « amies » les plus proches. Et elle brigue exactement le même collier que Lia. Celle-ci fait la moue, les sourcils froncés. Le signe annonciateur d'une crise de colère. Je m'approche discrètement d'elle et lui pose une main sur l'épaule. D'une regard impérieux, je la fait taire. Je... Comment ? Mais bien sûr qu'elle m'obéit ! Figurez-vous que j'ai quand même un peu d'autorité sur cette enfant ! Tss... Donc je la fait taire. Elle croise les bras et se renfrogne d'avantage mais ne dit mot. A coté, la grosse dame négocie le prix du bijou. C'est alors qu’apparaît le type louche.


_________

(1) Et pourtant, dans le genre malsain, j'en ai parcouru, des lieux à vous faire froid dans le dos. Entre le cimetière d'os de la forêt de Schripak, et les marais bourbeux du Sud-Est d'Aurhyne, en passant par la chambre de Lilia l'Intendante... Il y a de quoi faire.

(2) Nokan le Barbabre était un de ces types venant des îles du Sud, dont le peuple vit en pagne, et passe son temps à se taper dessus et à chasser le jaguar, en hurlant de violents « BASTON ! ». Il était réputé pour sa force et son courage légendaires. En fait, c'était un simple idiot. Monstrueusement fort, nous sommes d'accords, mais un idiot tout de même. Pour l'abattre, il a suffit que je le persuade que le monstre du lac le plus proche avait insulté sa mère. Il est parti le chercher et s'y est noyé. Il doit encore reposer au fond en ce moment... Non ce n'est pas de la triche. Quand on a ma brillante intelligence, on s'en sert également d'arme !

(3) D'expérience, les femmes nobles sont toujours entourées de toute une cour frivole et cherchant leurs faveurs. Elles doivent pourtant pertinemment savoir que ces « amis » n'en veulent qu'à leur argent, mais pourtant elles adorent ça. Déjà à l'époque, lorsque j'ai travaillé un temps pour Leonia Gildhart (Une noble particulièrement belle réputée pour son intelligence, son amour de l'art, et son incomparable richesse), elle était continuellement suivie par une procession interminables d'adorateurs. Pourtant, une femme de sa classe aurait dû se rendre compte que l'un d'eux finirait par l'assassiner. Par la faire assassiner devrais-je dire. Pourquoi me regardez-vous comme ça? Bref, les nobles, ça vit accompagné, ne me demandez pas pourquoi, je ne me l'explique pas.


* * * * * *


Lia observait les grosses dames sans écouter leurs piaillements. Surtout l'une d'entre elles, qui dévorait SON collier des yeux. Mais pour qui elle se prenait celle-là ? Non, la jeune fille n'était pas bête. Elle se doutait bien qu'il s'agissait d'une noble. Mais ça ne lui donnait pas le droit pour autant de marcher sur tout le monde, et en particulier les mignonnes petites filles qui avaient vu ce collier la première ! La gamine eut soudain une idée. Jusque là, elle se tenait tranquille parce que Caïn lui avait jeté un regard suppliant. Il lui avait apprit qu'il valait mieux ne pas leur chercher des poux. A vrai dire, elle s'en fichait pas mal. Mais elle savait aussi que froisser un noble, c'était perdre un gros client potentiel, donc toujours plus de joaillerie. Elle se contenait donc, mais se demandait si en jouant justement la petite fille triste qui veut à tout prix un objet qu'elle ne peut avoir, elle pourrait toucher la sensibilité de la grosse laide, et se le faire offrir. Il y avait peu de chance, de ce qu'elle voyait de l'attitude de la futur victime, mais qui ne tente rien n'a rien... Alors entra en scène son héros.

Un grand homme à la peau sombre, au port altier et aux riches vêtements. La démarche assurée et l'expression ferme. Et surtout une coupe de cheveux qui fit sourire la fillette. Sûrement un autre noble, étant donné la façon dont il parlait. Et quelqu'un d'intelligent. En deux ou trois phrases, il rabroua à la fois les prétentions du commerçant, et la noble graisseuse qui, insultée, finit par s'en aller. Le nouveau venu lui parla directement, comme si elle était son égal, et elle adora ça. Enfin quelqu'un qui ne la traitait pas comme une enfant ! Et bel homme, bien de sa personne en plus, pas un de ces crasseux qu'elle croisait dans les tavernes que fréquentait Caïn. Mieux, il lui rendait le pendentif accessible.

A peine arrivé, déjà reparti. Le noble les quitta aussi discrètement qu'il était apparu. La fillette espérait pourtant qu'elle le reverrait. Mais le plus important, pour l'instant, ce n'était pas ça. Elle se tourna vers Caïn, une détermination farouche sur le visage, des étoiles dans les yeux. Elle lui demanda, minaudant un peu :

-Dis, tu me l'achètes, hein ? »


* * * * * *


Ce type était vraiment louche. Je le regarde se faufiler entre les passants, examiner d'un air distrait quelques étals, avant de disparaître noyé par la foule. Un noble qui vient au secours d'une gamine des rues ? Du jamais vu. Et pourtant votre serviteur a une certaine expérience de ces gens là. (4) Sans compter son apparition fortuite pile au bon moment. Comme s'il n'attendait que ça... En plus de la réaction étrange du vendeur, qui semble maintenant très occupé à nettoyer l'un de ces articles. Il jette un regard contrarié à la gamine.

-Alors, vous l'achetez ou pas ce collier ? Lui demande-t-il. »

Il semble courroucé d'avoir dû baisser son prix, et toute cette histoire fait murmurer les badauds dans les environs. Il veut s'en débarrasser le plus vite possible. Lia me jette un regard que je connais bien. Si je lui dit non, je vais le regretter. Et pourtant, je n'arrive pas à me débarrasser de ce sentiment de gêne. Quelque chose ne va pas, mais je n'arrive pas à mettre le doigt dessus.

-Écoute, je lui dit. Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée. Et si tu en choisissais un autre ? Et puis tu n'as pas fait le tour de tous les marchands. »

Elle fronce les sourcils et ses yeux lancent des éclairs. Aïe...

-Mais c'est celui-là que je veux ! Répond-t-elle en haussant le ton. Il est super beau, en plus grâce au monsieur il est pas cher, et je le veux, je le veux, je le veux ! »

Je me gratte le menton, résigné. Elle ne me lâchera pas la grappe tant qu'elle ne le portera pas. Et puis après tout, ce n'était sans doute qu'une coïncidence. Néanmoins, je décide de négocier.

-Très bien, on le prend. Mais c'est le dernier. Ensuite, on quitte le marché. J'en ai assez de tout ce monde entassé.

-Ouiiiii ! »

Elle me saute dans les bras, heureuse de profiter de ma profonde générosité. Que voulez-vous, on ne se refait pas, je n'ai jamais su dire non...


______

(4) Je vous rappelle que l'assassinat et le vol entre noble consiste en la majeure partie de mon fond de commerce...


* * * * * *


Lia trottinait devant Caïn en chantonnant, plus heureuse que jamais. Elle avait son collier, et elle l'adorait. Son compagnon expliqua qu'il avait besoin d'un peu de fraîcheur après la chaleur de la cohue du marché. La gamine savait parfaitement qu'il voulait parler d'une boisson fraîche, ce qui signifiait qu'elle devrait supporter encore quelques heures dans la taverne la plus proche. Mais en cet instant, elle s'en fichait, tout ce qui comptait, c'était qu'elle avait eut ce qu'elle désirait.

Ils marchaient à peine depuis une dizaine de minutes, et traversaient à présent une petite rue complètement vide. C'était bientôt l'heure du déjeuner, chacun devait être chez soi. L'enfant eut soudain un léger frisson, la tête lui tourna. Elle connaissait ces symptômes. En général, c'était un mauvais présage. Elle s'immobilisa en plein milieu d'un bond et faillit trébucher. Après avoir reprit son équilibre, elle respira un grand coup. Qu'est-ce qui pouvait bien avoir excité son don ? Elle lança quelques coup d’œil inquiets autour d'elle. Caïn, qui reconnu dans ses agissements un mauvais signe, s'approcha, et lui posa une main sur l'épaule.

-Lia, ça va ? Interrogea-t-il. Quelque chose va arriver ? »

Il était très sérieux. Il avait apprit que son pouvoir la trompait rarement, et qu'il valait mieux en tenir compte. Seulement voilà, parfois, elle se trompait. Et en cet instant, elle ne pouvait que se tromper. Il n'y avait personne dans les environs. Pas même un chat. Aussi lui sourit-elle en secouant la tête.

-Non, tout va très bi... »

Elle s'interrompit dans un gargouillis étranglé. Le collier autour de son cou, jusque là plutôt grand pour elle, se rétracta sur lui-même et lui enserra la nuque, lui coupant le souffle. Elle y porta les mains, tirant dessus, tentant de le distendre, mais elle ne parvint qu'à se faire mal. Caïn s'agenouilla près d'elle, inquiet. Il écarta les mains de la jeune fille de l'objet, et l'observa, alors qu'elle peinait à retrouver son souffle. Il ne l'étranglait plus, mais il était dorénavant tout à fait impossible de le retirer.

-Mais qu'est-ce que c'est que ce truc, marmonna-t-il en l'effleurant du doigt. »

C'est cet instant que choisit son héros de tantôt pour refaire surface.
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Cham

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MessageSujet: Re: Le Bon, la Brute et la Trahie [Caïn/Lia & Cham]   Mar 19 Juin - 7:23

Hrp : Plus court, mais il fallait lancer la chose Smile J'espère que ca va, au moindre soucis ma boite mp est là Smile

« Il y a, dans la vie d’un homme, des défis accompagnés d’obstacles qu’il se doit de surmonter. Les obstacles s’étant dressés dans ma propre vie on tous été maitrisés, pour la plupart, grâce à ma seule personne. Celui que ne parvient pas à atteindre ses buts de lui-même ne peut prétendre diriger sa vie... »

- Ce « truc » comme vous dîtes, n’est d’autre qu’un simple collier. Une gentille babiole accompagnée d’une jolie pierre. Rien de plus si ce n’est qu’on y ajouté un complexe enchantement d’entrave…

Comme appelé par la tragédie de la scène, Cham fit son entrée d’un pas calme mais absent de tout bruit, comme si pieds ne causaient aucun son en foulant le sol. C’était en effet le cas, le mage était à plus de deux mètres du sol, descendant des airs comme s’il descendait d’un escalier invisible. Lorsqu’il arriva à bonne distance et s’arrêta ; son regard se posa d’abord sur la jeune fille sans montrer quelconque empathie, mais sans pour autant jouir du spectacle qui s’offrait à lui. Ses yeux, lentement, se levèrent ensuite vers Caïn, constatant l’intense tension de son regard : le mage détourna les yeux, il y avait quelque chose d’étrange et d’insupportable dans son regard… Son plan avait fonctionné, sa ruse ayant été attentivement méditée en analysant chaque donnée, chaque facteur. Il y avait passé plusieurs jours : de la recherche de la bonne personne, au suivi de leurs actes et faits. Calmement mais consciencieusement, il avait prit son mal en patience et se réjouissait de la situation actuelle bien que rien n’avait été conclu.
- Au plus vous essaierez au plus elle souffrira. Tout comme il est inutile de vous dire qu’il me suffit d’un geste pour que ce collier redevienne ainsi…

Sa main gauche se releva, il tenait un étrange objet que l’on pouvait facilement reconnaître comme étant le même collier mais complètement recroquevillé sur lui-même à tel point qu’on pouvait le contenir dans la paume de la main. Au sommet de cette masse contractée, le joli œil-de-tigre laissait échapper un éclat semblable à celui présent dans les iris du mage.
Il posa pied à terre.

- Je pense donc que vous comprenez qu’il serait stupide de tenter toute offensive à moins que votre affection pour cette jeune fille ne soit qu’image… Nous pouvons, dès lors, passer au concret. (Il rangea l’autre piège, sans pour autant perdre Caïn du regard) Soyez rassuré, je n’ai encore aucune raison de faire atteinte à domnicella Lia, du moins, tout dépend de votre coopération.

Gardant toujours ses distances de l’humain, il savait que malgré la prise en otage de la petite fille, il pouvait toujours nuire au bon déroulement de son entreprise s’il ne restait pas prudent. L’homme en face de lui était dangereux, capable de tuer à l’aide de ses mains. S’approcher d’avantage était risqué pour l’instant, d’autant qu’il était bien plus facile pour Cham de se défendre de loin. Certes, il y avait d’innombrables histoires et rumeurs sur les haut-faits du mercenaire, l’une d’elles vantant sa victoire face au thaumaturge Lyon dont Cham avait eu vent de la puissance. Mais rien ne garantissait la véracité d’une grande majorité d’entre-elles, d’autant que cette fois-ci : Cham s’était octroyé une garantie. Néanmoins, il y avait des choses qui ne pouvaient pas tromper et le regard de cet homme en disait long.

Il avait laissé quelques secondes à Caïn pour réagir, Cham acheva son entrée par une dernière réplique : sans doute la plus importante de toutes celles qu’il avait dites depuis son arrivée. La voix bien plus sérieuse que précédemment, il regarda finalement Caïn comme pour appuyer le sérieux de sa future demande : il n’y avait plus de place pour la retenue, la bonne image, l’espérance d’une douce tromperie mais bel et bien la réalité macabre de la vie et de ses besoins en tous genres….

- J’ai besoin de vous…ou plutôt de votre force et de la violence qui peut en découler. Pour utiliser une image qui vous sera peut-être plus familière, vos serez le griffon et je serai le cavalier, une belle coopération dont la réussite garantira la survie de votre chère amie. (Il prit une pause) Mais où sont donc mes manières… Il me faut d’abord entendre votre accord, qu’en dîtes-vous ? Nous pourrons alors passer aux détails…

Bien qu’il semblait être maître de la situation actuelle, le mage insistait sincèrement à entendre la réponse de Caïn, comme voulant soulager sa conscience de prendre une gamine en otage. A moins qu’il ne s’agisse là, une fois encore, d’un moyen détourné pour forcer son interlocuteur à accepter son pari. Comme il l’avait précédemment dit, il avait besoin de la violence de Caïn : il fallait donc cultiver cette férocité quitte à être inhumain. Seule la finalité compte pour le savant.

« …ou celle des autres…. »

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MessageSujet: Re: Le Bon, la Brute et la Trahie [Caïn/Lia & Cham]   Mar 3 Juil - 11:27

La jeune fille vit Caïn tourner brusquement la tête, comme surprit. Et c'était assez rare pour être souligné. Certes, c'était un insupportable fanfaron, mais un fanfaron capable. Dans ce genre d'endroits isolés, il savait en général à l'oreille si quelqu'un approchait ou non. Mais lorsqu'elle regarda à son tour dans la direction du nouveau venu, elle comprit. Ce dernier volait. Il descendait du ciel comme d'un escalier céleste, d'un pas léger et serein. La première réaction de la gamine fut d'être soulagée. Son héros était de retour ! Peut-être pourrait-il l'aider, après tout, il avait eut l'air d'en savoir beaucoup sur les bijoux. Elle déchanta rapidement. Son collier était enchanté, ou plutôt devrait-elle dire maudit. Par la personne qui lui avait tant plu !

La fillette tentait de se maîtriser. Elle s'était redressée, droite, digne, mais intérieurement, elle était plus effrayée encore que par les monstres qu'elle imaginait sous son lit, autrefois. Elle porta machinalement une main à son collier, tirant légèrement dessus. L'inconnu venait de leur montrer ce que pouvait devenir son collier si ils ne coopéraient pas. Une nouvelle vague de panique la submergea, elle sentit ses mains trembler et les serra l'une contre l'autre pour les en empêcher. Elle ne comprenait pas pourquoi ce monsieur si gentil un peu plus tôt pouvait lui avoir tendu ce piège.

-Pourquoi vous me l'avez donné alors ? Demanda-t-elle. Comment puis-je l'enlever ? »

Elle vit Caïn la repousser légèrement en arrière, tandis que celui-ci faisait deux pas en avant.

-Ca, c'est très simple, Lia, lui répondit-il. »


* * * * * *


Un être si compétent que ma personne est rarement surprit. Évidemment, je ne veux pas me vanter, mais j'ai l'ouïe particulièrement fine. Des années d'expérience, comprenez vous. C'est grâce à mon ouïe que j'ai repéré l'approche du régiment de Martel l'Enclume du Guet-aux-Lézards. (1) Encore grâce à elle que j'ai résolu les énigmes des ruines de Zicos. (2) Et toujours grâce à elle que j'ai pu partager le lit de la belle Jeanne-la-Pucelle. (3) Bref, vous l'aurez comprit, il s'agit là de l'un de mes nombreux talents, qui n'a jamais faillit. Mais aujourd'hui, rien. Pas un son avant de me faire surprendre par la voix de cet obséquieux nobliau de tantôt. Enfin, surprendre est un grand mot. Rien ne me surprend plus. Disons que j'ai été légèrement étonné. Et encore, vraiment ce n'est pas faute. S'il flotte dans les airs, comment voulez-vous que je l'entende approcher ?

Afro-guy descend tranquillement du ciel pendant que je réfléchis Il plane. Magie du vent également ? Non, on entendrait les bourrasques, ses vêtements flotteraient autour de lui, ses bouclettes seraient toutes dérangées... Une simple magie de vol peut-être ? Ou la télékinésie est probable également. En tous cas, quoi que ce soit, sa maîtrise en est impressionnante. Ce type là n'est pas un amateur. L'homme se pose nonchalamment et nous explique le fonctionnement du collier. La gamine se serre contre moi, sans doute inconsciemment. Elle a les yeux rivés sur son agresseur, et je vois bien qu'elle essaye de rester forte. Mais je commence à la connaître, moi, et je vois bien qu'intérieurement, elle doit être terrifiée.

Comme à mon habitude, après ces explications, je reste parfaitement calme. J'ai toujours disposé d'un sang-froid sans égal, et après tout, cet idiot na pas choisit la bon moyen de pression. Je ne sais pas ce qu'il attend de moi, mais ce n'est pas en utilisant une gamine qu'il arrivera à me manipuler. Il m'est arrivé d'en assassiner moi-même. (4) Ce pourrait même être le moyen le plus simple de me débarrasser de cette insupportable pique-assiette. Et mes sourcils froncés, le regard noir que je jette au bourgeois, ou mes poings serrés ne sont absolument pas un signe que tout cela me touche. Je sens la petite main de Lia agripper mon t-shirt tandis qu'elle demande comment retirer son collier. Tout ce qui suit ensuite n'est que du bluff, et pas du tout une expression de ma colère, ou une envie de protéger la gamine. Je n'aime tout simplement pas ce type, et puis je n'ai pas envie de travailler en ce moment en plus. Allons, vous me connaissez ! Je n'ai jamais été impulsif !

* * * * * *

-Ca, c'est très simple, Lia, dit Caïn. Il va l'enlever lui-même. S'il ne veut pas se retrouver avec le même genre de bijou autour de ses parties. N'est-ce pas que vous allez lui enlever ça dans l'instant, mon ami ? »

Telle une aura explosant, une violente rafale vint tourbillonner autour de l'homme à tout faire. Faisant claquer ses vêtements au vent, elle attira à elle toutes sortes de poussières et débris traînant dans les environs, qui gravitèrent autour de l'homme comme attirés à lui par sa simple puissance. D'abord localisée autour de son compagnon, Lia vit les bourrasques s'étendre à la rue entière. Des volets claquèrent, des vases et pots de fleurs chutèrent de leurs rebords de fenêtres, des chats feulèrent et des chiens aboyèrent, le tout dans un capharnaüm assourdissant. Lia n'entendit pas si l'étranger répondit ou non, elle-même était trop effrayée pour y faire attention. Elle n'avait jamais vu Caïn furieux à ce point. Après quelques secondes, le vent se calma petit à petit, les débris et la poussière retombèrent au sol, et en quelques instants, tout redevint silencieux dans la ruelle. L'assassin jetait toujours un regard noir au mage lorsqu'il lui annonça :

-Très bien, je ferais ce que vous voulez. »

* * * * * *

Je suis plutôt satisfait de mon petit effet. Je n'avais pas prévu les animaux hurlant et les pots de fleurs chutant, mais ça en jette pas mal. Je réessaierai, tiens. Pour autant, la réaction de ma cible ne me surprend pas. Le bluff n'a jamais fonctionné sur les gens intelligents.(5) Et il faut être sacrément intelligent pour prévoir ce coup. D'autant plus qu'il a réussit à piéger une personne aussi avisée que votre serviteur. Je finis donc par me calmer et... enfin je veux dire que je calme les vents autour de moi, bien sûr, et je prends une décision. Le nobliau sait parfaitement qu'il me tient, et que je ne peux rien contre lui pour le moment. Je n'ai donc pas le choix, je dois lui obéir. Mais pas sans conditions. Et lorsque le moment de la vengeance viendra, elle sera tellement glacée que son petit verre de bourgeois grassouillet se terrera dans pense de peur de geler et tomber.(6)

-Très bien, dis-je donc, je ferais ce que vous voulez. Mais je ne travaille pas pour quelqu'un que je ne connais pas. Je veux votre nom. Il s'agit de ma première condition. Ensuite je veux savoir d'où vous me connaissez, et pourquoi m'avoir choisit. »

Bon d'accord, sur ce coup là, je veux simplement me faire mousser et savoir laquelle de mes incroyables aventures l'a conduit à moi. Mais hey ! Je viens de me faire piéger comme un bleu. Un peu de flatterie ne peut que faire du bien à l’ego.

-Dernière chose. Dans l'instant où ce travail sera terminé, vous enlèverez son collier à Lia, où croyez moi, les sept enfers vous sembleront une île tropicale à coté de ce que je vous ferait subir. »


______

(1) Certes, Martel l'Enclume mesurait trois mètres, pour trois-cents kilos, sans parler de son armure qui aurait pu tout aussi bien aller à un bœuf, et de son marteau capable d'écrabouiller la tête d'un éléphant. N'empêche, j'ai été le premier à l'entendre !
(2) De grandes roches percées dans lesquelles le vent soufflait en créant des notes. Il fallait les orienter de façon à créer une mélodie bien particulière. Un jeu d'enfant pour votre serviteur.
(3) Qui était loin de mériter son surnom. Sur l'oreiller, elle me confia que la moitié d'Aurhyne lui était déjà passé dessus... Mais cela faisait tellement plaisir à ses parents.
(4) Je n'en suis pas spécialement fier, d'accord, mais les temps étaient durs... Et votre honneur, n'avez-vous jamais eut faim ? Une bonne grosse dalle...
(5) J'avais également fait le coup à Lyon le Sombre. Il m'a rit au nez et m'a demandé si je ne pouvais pas amener quelques nuages sur son potager car il y avait longtemps qu'il n'avait pas plu...
(6) Excusez la vulgarité. Effectivement, je suis peut-être un peu énervé... Un chouïa...
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MessageSujet: Re: Le Bon, la Brute et la Trahie [Caïn/Lia & Cham]   Ven 6 Juil - 18:40

L’altruisme…
Cette honorable attitude de compassion et de volonté d’obtenir le bonheur d’autrui sans en vouloir en retour. Se contenter de la seule satisfaction de rendre les autres heureux, moins souffrant, … Peu sont capables d’éprouver une telle empathie en ce monde, même les ordres fraternels et les pèlerins ne peuvent se proclamer être de parfaits altruistes. Sans compter lesdits bienfaiteurs de l’humanité qui au fond ne sont que des opportunistes hautement récompensés pour l’effort d’un instant. Dès lors, qu’attendre de Celui pour qui seule l’accumulation de nouvelles connaissances contribue à une forme de bonheur ? Qu’attendre de celui qui s’est fait seul, qui n’a pu jouir ni du sein maternel ni d’une réelle présence à ces côtés ; et qui donc n’a sans doute pas connu ce qu’est le véritable plaisir d’offrir de manière désintéressée. Au contraire, pour arriver à être celui qu’il est à présent, l’hybride s’était sans cesse mis en avant, lui et lui seul. N’accordant alors que très peu d’attention aux autres, il avait fi de toute empathie et autres comportements altruistes qu’il était coutume d’enseigner aux jeunes enfants. D’ailleurs, lui-même savait qu’il ne pouvait pas se considérer comme ayant une bonne éthique. Face à Caïn et Lia, le mage restait impassible et son regard exprimait l’indifférence devant la panique de la jeune fille. Et lorsque cette dernière questionna son ancien héros sur la raison d’un tel acte, celui-ci n’émit aucune réponse : se contentant de poser son regard vers Caïn qui, visiblement, voulait jouer la carte de la provocation.

- Il va l'enlever lui-même. S'il ne veut pas se retrouver avec le même genre de bijou autour de ses parties. N'est-ce pas que vous allez lui enlever ça dans l'instant, mon ami ?

Dorénavant, c’était au tour de l’homme de laisser ses émotions se manifester, celles-ci contrastant celle de la jeune fillette p
iégée. S’avançant de deux pas, Caïn avait maintenant un regard sombre que Cham parvint à replacer dans les causeries qu’il avait pu soutirer des bistrots, mais qu’il était incapable d’associer à une réelle colère. Derrière cette mise en scène devait se cacher une autre raison, car pour l’instant, une fin voile empêchait le mage de capter les intentions de son interlocuteur. Il y avait quelque chose d’étrange, une fine impression de simulacre que le mage n’eut pas e temps de mieux identifier car une forte bourrasque de vent vint entourer l’amoureux des liqueurs.
Toujours immobile face à un spectacle qu’il appréciait pourtant, Cham vit son interlocuteur intensifier les vents, allant à tout saccager et projeter les débris à plusieurs endroits. Un vacarme que le noble avait préféré éviter mais qui pourtant ne le gène guère ; il appréciait constater les résultats de son plan, savourant les surprises qui pouvaient en survenir. Amenant son avant bras devant le bas de son visage pour éviter de respirer la poussière, le noble maintenu son regard vers Caïn. Les pouvoirs magiques de cet homme étaient incontestables, Cham pouvait sentir un Ether fort se dégager de lui, résonnant avec le sien comme des poussées successives et croissantes en intensité. Puis la magie cessa et les vents s’éteignirent progressivement en relâchant ce qu’ils avaient capturé. Ici et là, on entendit des objets chuter en produisant divers sons qui permettaient leur identification. Pendant ce temps, Cham avait cessé de se couvrir et reprenait son attitude détendue tout en ayant repris un visage neutre. Caïn, quant à lui, jetait toujours ce regard noir : une fureur que Cham n’avait pas eu l’habitude de subir.
Son plan fonctionnait…

-Très bien, dis-je donc, je ferais ce que vous voulez. Mais je ne travaille pas pour quelqu'un que je ne connais pas. Je veux votre nom. Il s'agit de ma première condition. Ensuite je veux savoir d'où vous me connaissez, et pourquoi m'avoir choisit. (Le mage se rappela n’avoir que légèrement expliquer cela) Dernière chose. Dans l'instant où ce travail sera terminé, vous enlèverez son collier à Lia, où croyez moi, les sept enfers vous sembleront une île tropicale à coté de ce que je vous ferais subir.

Le manipulateur ferma ses paupières, l’espace d’un instant, avant de poser son regard au plus profond des iris de Caïn. Le marché était sur le point d’être conclu et le plus difficile semblait être passé. Toujours conscient que rien n’était encore achevé, Cham savait qu’il n’aurait droit à baisser sa garde qu’une fois arrivé à la fin de ce service forcé.

- Mon nom… ? Je m’attendais à ce que vous l’appreniez des locaux, malgré mes tentatives je demeure connu de plusieurs personnes.

Il y avait là aucune vantardise, ni d’orgueil de sang bleu. Cham était de ceux qui aiment à rester discrets, éloignés des grandes foules et des problèmes de la socialisation. Toutefois, il restait l’un maîtres-mages de la ville et membre de l’aristocratie.

- Mais je préfère vous épargner les recherches : d’autant qu’au plus vite nous avancerons, au mieux ce sera. Mon nom est Cham, de la Maison des Sachs. (Après une courte pause, il continua sur un ton moins léger) Il n’est pas non plus difficile de connaitre le votre, surtout grâce à vos nombreuses visites dans chez les taverniers. Sachez que chaque beuverie à ses témoins, que ces derniers sont souvent aussi bavards que nombreux. Sans compter ces histoires qui ont fait le tour de nombreuses bourgades. Bien qu’intéressantes, elles m’ont surtout révéler une chose : peu importe la véracité de celles-ci, l’homme dont il est question possédait une image forte, celle de la puissance. Il me fallait donc me l’approprier…

Le mage posa lentement son index sur sa tempe gauche, le regard toujours orienté vers les yeux de l’homme à tout-faire. Ce dernier pouvait alors sentir comme une présence, une impression de n’être plus le seul dans son corps sans pour autant véritablement mettre un doigt sur le sentiment ressenti. Cette présence était légère, sans pour autant être douce. Elle gardait cette sensation d’étranger, cette essence qui n’était pas la sienne. C’est alors qu’il entendit la voix du mage, sans que ce dernier ne bouge les lèvres. Il pouvait dès lors comprendre ce qui se passait…

« Une autre chose que vous devez savoir… Il y a d’autres moyens pour obtenir certaines informations. Celle-ci en est un exemple, bien qu’il ne suffise pas seulement d’entrer dans l’esprit des gens. La pensée est une redoutable arme, capable de vous faire accomplir les plus prestigieux actes telles que les nombreuses histoires à votre sujet. Mais cette arme est aussi à double tranchant et peut s’avérer bien faible à maintenir secret ce que l’on a longtemps entendu et rapporté. Ces hommes, femmes et enfants avaient néanmoins un esprit beaucoup moins perméable que le votre et c’est un effort que de vous faire parvenir mes pensées. Mais voyez-y là ma maîtrise de la télépathie et comprenez donc l’effort qu’il m’a fallut à recueillir tant d’informations à votre sujet. Car, malgré tout, on ne peut pas nier votre talent à être discret…mais hélas, les contrats que vous entreteniez furent ma troisième source d’informations. »

A l’extérieur des esprits des deux hommes, le silence avait reprit son cours et la jeune Lia devait sans doute se demander pour Caïn ainsi que son faux-héros restaient muets à se regarder intensément. Ils étaient debout, immobiles. Cham avait repris une position normale, le geste ayant sans doute été fait pour attirer l’attention de Caïn sur la suite de ses paroles.

« Venons maintenant au pourquoi je vous ai choisi : vous êtes un mercenaire et de ce fait, il est normal pour moi de vous employer. J’ai cru remarquer que vous aviez besoin d’argent et j’en ai à foison. Toutefois, pour la tâche que je vous demande, il vous faudra bien plus de motivation que l’espérance d’être payé. Celle de voir quelque chose de cher survivre, par exemple. Aussi j’espère de vous que vous mènerez votre mission à bien. Sachez qu’à part vous avoir piégé, je suis aussi un chercheur, un scientifique. Et pour arriver à mon but, il me faut un certain objet que vous allez me faire le plaisir d’aller chercher. Mais toute chose à son temps et il ne serait nullement utile d’aborder les détails ici… d’autant que la télépathie à son contrecoup. J’achève donc cette discussion privée… »

Aussitôt dit, aussitôt fait : la présence disparu de l’esprit de Caïn et Cham reprit à nouveau la parole, oralement :

- Rejoignez-moi à la Maison de Sachs au moment où la Lune sera seule dans le ciel. Nous y discuterons des détails et de ce que vous avez à savoir en plus. (Il posa une main sur sa hanche) A moins que vous ayez une question ?

La conversation télépathique n’avait pas duré aussi longtemps, les pensées se communiquant plus rapidement que les paroles. Toutefois, l’entrevue avait prit un bon temps pour le mage qui savait que même conclu, il fallait encore maintenir leur contrat secret. L’invitation dans sa propriété était à la fois une façon d’éviter d’attirer les foules, mais aussi d’éloigner le risque de révéler ses attentions trop vite. Là bas, il pouvait encore jouir d’un certain avantage…mais lequel ?

Hrp: comme toujours, au moindre blem : mp What a Face
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MessageSujet: Re: Le Bon, la Brute et la Trahie [Caïn/Lia & Cham]   Ven 13 Juil - 9:54

[Sorry for the wait... again. Et pour la qualité. J'ai un déménagement en ce moment...]


Il fallut un peu de temps au noble pour répondre à la question de Caïn. La fillette, toujours apeurée, se tenait tout contre son compagnon, fixant leur interlocuteur. Elle ne comprenait toujours pas pourquoi cet homme avait dû en arriver là. Elle ne comprenait pas cette histoire de motivation. L'argent, ça suffisait non ? Ça avait toujours été le cas, pourquoi pas maintenant ? Apparemment, Cham des Sachs était une personnalité reconnue de Concordia. Lorsqu'il révéla son nom, l'assassin se gratta négligemment sa barbe mal rasée.

-Moui, ça me dit quelque chose... »

Il n'ajouta rien, comme si savoir pourquoi Cham était connu ne l'intéressait pas le moins du monde. En cela, Lia reconnu le Caïn qu'elle connaissait, si différent de l'homme qui s'était emporté un instant plus tôt. Il ne s'était jamais intéressé qu'à sa propre célébrité,e t jamais à celle des autres. Il semblait retrouver une attitude normale à présent, car lorsque leur futur employeur leur narra comment il les avait trouvé, le voleur eut un grand sourire. Accompagnée de gestes grandiloquents, sa réplique fut teintée d'une arrogance évidente.

-Vous ne m'avez pas bien comprit, mon ami. Je ne vous demandais pas de quelle façon vous m'avez retrouvé. Tout le monde connaît le fameux Caïn de Ballaad ! Non, je me demandais plutôt lequel de mes fabuleux exploits vous à convaincu de m'engager. Mais vous avez raison sur un point important, je dispose d'une magie puissante. J'espère que vous êtes conscient de ce que vous avez fait quand vous m'avez provoqué... »

Oui, cette forfanterie insupportable était bien plus proche du Caïn habituel. La gamine s'en sentit étrangement rassurée. S'il gardait son calme, c'était qu'il maîtrisait la situation, non ? Elle se détendit quelque peu. Elle se sentit même l'hardiesse de rajouter :

-Tout à fait. Caïn a affronté des adversaires bien plus impressionnants que vous. Vous risquez de le regretter ! »

Lia savait qu'à ce stade de la transaction, il ne servait à rien de provoquer plus le nobliau. L'homme à tout faire s'était déjà rendu. Mais elle avait apprit de lui que lorsqu'elle approuvait ses dires, il était beaucoup plus crédible. Même si c'était une enfant qui l'approuvait. Et s'il était plus crédible, il n'en était que plus impressionnant. Alors qu'elle attendait une réaction de Cham, celui-ci n'en fit rien. A vrai dire, il ne fit plus rien du tout à part poser un doigt sur sa tempe. Et s'en suivit un long silence. Que se passait-il ? L'avaient-ils mouché ? Avait-il mal à la tête ? Elle ne comprenait pas. Au bout de quelques secondes, elle remarqua que les deux hommes échangeaient un regard intense. Elle avait presque l'impression qu'ils communiquaient par ce seul regard... La fillette tira légèrement la manche de son protecteur.

-Caïn... Qu'est-ce qu'il se passe ?

-Chut, répondit simplement celui-ci. »

Chut ? Juste comme ça, sans explication ? Mais pour qui se prenait-il celui-là ? Lia n'était plus un bébé à qui on dit de se taire quand il fait trop de bruit sans lui dire pourquoi !


* * * * * *


J'avoue que le coup de la transmission de pensée, je ne l'avais pas vu venir. Ainsi, il ne possède pas que le don de flotter dans les airs. Cela me conforte dans mon idée du télékynésiste. C'est en général l'une des spécialités de ces gens là. Étant donné que mon bluff n'a pas fonctionné, j'ai reprit une attitude plus naturelle, et qui me sied bien mieux. Je suis un peu déçu que mon coup de colère impulsif n'ait pas fonctionné tout de même. J'y avait mit du mien. Enfin bref, nous voici engagés dans une discussion télépathique. Ou plutôt dans un monologue devrais-je dire, car j'écoute et ne dit rien pour le moment. (1) Ce n'est pas le choix que fait Lia pourtant. Elle tire sur mon bras et me demande ce qu'il se passe. Je lui demande aimablement de bien vouloir rester silencieuse un instant, le temps que Cham finisse de parler. Et voilà que cette morveuse le prend mal ! Elle tape du pied à deux doigts de mes orteils et hurle :

-Je veux savoir ce qu'il se passe ! »

Elle a l'air courroucé de quand je lui refuse un bijou. Ses yeux lancent des éclairs, ses sourcils se rejoignent presque tant ils sont froncés, ses petits poings sont collés à ses hanches... Et dire qu'une seconde plutôt, elle était terrifiée ! Il ne lui en aura pas fallu beaucoup pour oublier ses peurs. Enfin, maintenant que la bombe est amorcée, il faut que j'agisse vite. Sinon elle risque d'exploser et d'anéantir tout le pâté de maison.(2) Je me penche donc légèrement vers elle et lui dit doucement :

-Écoute Lia, nous discutons par télépathie. Reste calme quelques secondes le temps que nous terminions s'il te plaît.

-Et pourquoi vous ne parlez pas devant moi d'abord ? 

-Je te promets de tout te raconter plus tard, mais pour le moment, reste tranquille, d'accord ? »

Je sens les rouages de son cerveau tourner frénétiquement, examinant ma proposition. Elle ne lui plaît pas. Je sens sa fureur s'élever lentement, atteignant presque son point culminant. Bien, s'il faut en venir à des mesures plus drastiques, je n'ai pas le choix...

Si tu acceptes d'attendre un peu, on retournera au marché t'acheter d'autres bijoux.

-D'accord ! »

En une seconde sa colère s'évanouit, dans ses yeux les éclairs sont remplacés par les étoiles, et elle s'éloigne même un peu de nous en sautillant, toute heureuse. Mon capital boisson de la soirée l'est beaucoup moins... Mais que voulez-vous. Sans me vanter, j'ai toujours été généreux. Ah, je l'ai déjà dit ?

'Toutefois, pour la tâche que je vous demande, il vous faudra bien plus de motivation que l’espérance d’être payé... '

Ah zut, et voilà que j'ai raté la moitié de ce qu'il m'a raconté, cet animal. Enfin tant pis, je garde l'air sérieux de celui qui écoute attentivement et le laisse finir. Et d'ailleurs, la fin ne me plaît pas du tout. Où est-ce qu'il a vu jouer que j'allais le retrouver où que ce soit, celui-là ? Le grand Caïn de Ballaad ne se laisse dicter aucune loi. Je me passe une main dans les cheveux, l'air décontracté et infiniment classe, avant de répondre :

-Je ne vous rejoindrai nulle part, Cham. Je n'ai pas l'intention de laisser traîner ces histoires. Expliquez moi ce dont vous avez besoin, ici et maintenant. Je vous garantie que vous l'obtiendrez en un temps record. Et ne vous en faites pas pour les oreilles indiscrètes, il n'y a personne alentour. Si c'était le cas, je le saurais. »

Comme pour appuyer mes propos, une légère brise se dégage de moi et s'éloigne dans toutes les directions autour. Si elle devait rencontrer une personne trop près de nous, je le sentirai.

______

(1) J'espère que vous notez et appréciez l'effort...
(2) C'est une image évidemment. Tout au plus, elle risque d'anéantir mes tympans. Mais c'est déjà bien assez.
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Cham

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MessageSujet: Re: Le Bon, la Brute et la Trahie [Caïn/Lia & Cham]   Jeu 23 Aoû - 9:25

Hrp : désolé du long délai What a Face

Comme il s’y était attendu, la jeune fille n’avait pu garder son calme face au silence des deux hommes, ne comprenant pas qu’il s’agissait pourtant d’une discussion….ou plutôt d’un monologue de la part de Cham. Pourquoi avoir recours à la télépathie ? Par soucis de discrétion, mais aussi pour éviter d’impliquer d’avantage la jeune fille dans une affaire qui dépasse –sans doute- l’innocence et l’éthique qu’elle avait pu emmagasiner durant ses premières années de vie. Il ne s’agissait pas là d’empathie, mais plutôt d’une préférence : présenter son plan à deux personnes demanderai bien plus d’effort sans pourtant assurer la réussite de l’entreprise. Et puis, Caïn était libre de lui en faire part une fois que le noble les aurait quitté. C’est du moins ce qu’espérait l’archiviste lorsqu’il proposa au mercenaire de le rejoindre plus tard dans sa demeure. Mais voulant certainement ne revoir le mage qu’une fois, Caïn préféra couper court à l’initiative de retrait. Il était téméraire, sans doute prêt à exécuter les directives de Cham. Et pourtant, malgré cette apparente confiance et l’assurance de son regard, le mage savait bien qu’il allait lui falloir bien plus que de l’héroïsme pour mener à bien sa future mission.

Cela s’annonçait intéressant…
Au début légèrement surpris, Cham adopta un regard plus posé comme attentif aux possibles dernières revendications de l’homme à tout faire. Après tout, en refusant l’invitation, Caïn venait de perdre un moyen d’accéder plus facilement à la vie privée du mage où il aurait été possible de trouver de quoi contrebalancer le piège dans lequel il avait aisément prit Lia. A y réfléchir une seconde fois, le savant s’étonnait même de son propre manque de vigilance : l’impatience de voir un de ses projets se réaliser ayant suffit à lui faire faire un léger faux pas. Mais une fois encore, l’homme tentait de rester maître de la situation. Et ses iris ambrés se développaient d’innombrables idées et hypothèses à pouvoir utiliser au cas où il y aurait mutinerie…

- Très bien, vous allez devoir vous rendre dans une contrée où règne un très grand froid, aussi je vous conseille de vous équiper en conséquence. (Il se tourna vers la jeune fille) Il y a là, des créatures bien plus coriaces et terrifiantes que moi… (Il reprit en regardant Caïn) Il y avait là, il y a d’ici plusieurs générations, un petit groupuscule guerrier ayant pillé les maigres villages de la région et en avait investit le centre en y formant leurs quartiers. Mais pour s’abriter du grand froid, ils « s’emparèrent » d’une immense grotte se trouvant paradoxalement dans les zones les plus arides. Grâce à cette « défense », ils arrivèrent à instaurer leur autorité dans la région qu’ils avaient pourtant décimé de toute populace. (Il croisa les bras) L’ironie du hasard voulu que, parmi leur butin, se trouvait une curieuse amphore que l’une des partagées du chef du clan affectionnait passionnément. Elle, qui s’intéressait à l’objet pour ce qu’il pouvait être et non pour sa qualité de trésor, découvrit une relique d’un temps ancien : un instrument macabre…

Voulant se laisser quelques secondes pour éviter de tomber dans l’horror vacui, il posa un regard sur le fameux collier qui pendait au cou de la jeune fille. L’histoire qui allait suivre n’était pas si éloignée de celle qu’il imposait à la jeune fille. Il s’agissait une fois encore d’une punition résultant de la curiosité. Seul un certain point changeait : et c’est ce dernier qu’il taira…

- Cette femme dont les mémoires n’ont pas préféré retenir le nom, découvrit que l’objet n’avait d’amphore que l’apparence. De la suie s’étant accumulée en son fond, de plus que l’intérieur demeurait toujours chaud malgré la température constante de la grotte. Comprenant que des choses avaient été brûlées à l’intérieur, elle tenta l’expérience en brulant un butin de moindre importance et le vit se sublimer en s’échappant du col. La curiosité monta mais les objets vinrent à manquer. De plus, l’isolation dans laquelle son clan s’était enfermé avait fini par faire ressortir les risques d’une vie de groupe cloisonnée. Heureusement pour le chef, celui-ci était le plus fort et parvenait à dompter les mutineries tout en espérant garder un simulacre de pouvoir. Consciente des querelles du pouvoir, la femme à l’amphore attisa les instincts violents de son mari en accusant l’un de ses fidèles camarades de défoliation. Il eut exécution, ainsi qu’une arrivée d’objet à faire incinérer... Mais l’un appelant l’autre, d’autres punitions furent levées jusqu’au moment il eut révolte. (Il marqua une pause, visiblement dérangé de la suite) De là, l’histoire à préféré ne plus rien retenir et les mémoires se lancent dans d’autres remembrances. Néanmoins…

Toujours sans prendre le temps de faire digérer ses paroles – après tout il leur offrait le fruit de plusieurs centaines de semaines de recherches- Cham sortit un bout de parchemin couvert d’une écriture sombre et dérangée. Le tout avait visiblement traversé plusieurs âges, on pouvait néanmoins voir qu’il s’agissait d’un parchemin de bonne qualité à son époque. Lentement, Cham le fit s’élever vers Caïn afin qu’il le prenne. Lui qui n’aimait généralement pas s’étaler se surprit de leur donner d’autres renseignements. Sans doute voulait-il leur offrir toutes les clés permettant d’atteindre l’objet.

- Lors de la révolte, un jeune homme a pu se cacher et éviter le carnage. Il a eut l’idée d’écrire ce qui était arrivé à son clan, sans doute conscient que l’amphore en était la source. Il y expliqua qu’il avait vu des membres de sa famille se faire incinérer sous ses yeux… (Il voulu continuer sur sa lancée, mais préféra écourter) On ne sait quand, ni comment, mais il a réussi à fuir la grotte sans pour autant que l’on sache s’il a survécu au froid. Du moins, sa dernière phrase mentionne qu’il comptait espérer rejoindre un village. Sur cette note se trouve un plan médiocre de la grotte et de la région.

Le mage acheva ses paroles en levant le regard vers le ciel. Le temps passait vite, bien trop vite mais il n’avait pas d’autre choix que de répondre aux dernières questions de son mercenaire. Observant une dernière fois la filette, il se demanda si Caïn allait effectuer le voyage avec elle…et si cette dernière allait en survivre. Non pas qu’il s’était prit d’empathie pour elle, mais sa survie garantissait le bon fonctionnement de son moyen de pression.
Il soupira doucement, redressant son visage vers Caïn en esquissant un faciès bien détendu malgré la suite de ces derniers propos :

- J’oubliais… L’enchantement lancé sur ce collier brûle lentement l’Ether de la personne qui le porte. Certes, cela n’est que très léger mais sachez qu’une fois que l’Ether entier est aspiré…il se rétractera. Mais vu l’Ether qui coule en cette jeune fille…je pense que vous avez plusieurs jours devant vous… (Il fit une courte pause) D’autres questions… ?


Une douce brise vint doucement caresser son visage de marbre.
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