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 Les mémoires de Caïn - Vol. 1 : Le Cor des Abysses

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Caïn / Lia

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MessageSujet: Les mémoires de Caïn - Vol. 1 : Le Cor des Abysses   Mar 3 Juil - 18:19

I



Le Voile Brumeux. Petit pub de Griff-Or. Elle-même petite ville d'Aurhyne, située de part et d'autre d'un fleuve, sur lequel les navires marchands passent en nombre. Le Voile se situe sur les quais, dans le quartier ouvrier, et doit son nom aux vapeurs grimpant de l'affluent de nuit. C'est un quartier plutôt mal famé. Il est beaucoup plus facile d'assassiner quelqu'un quand on est dissimulé par le brouillard, vous comprenez ? (1) De nuit, il n'y passe presque personne, et pourtant le Voile fait presque toujours salle pleine. La clientèle se compose pour une moitié des personnes qui n'osent pas rester dehors, et pour l'autre des gars en raison desquels on ose pas rester dehors. L'ambiance est sympa, quoi.

La salle en question n'est pas très grande, et on y a installé autant de tables que possible afin d'augmenter la clientèle potentielle. Le résultat, c'est que le gros derrière de la serveuse a du mal à se faufiler entre les clients, et que vous aurez de la chance si elle ne renverse pas par inadvertance l'une de vos consommation en passant près de vous. Le mobilier est en bois grossier, et sans faire ma mauvaise langue, je suis persuadé que quelques chaises ont été fabriquées à la va-vite avec trois clous, deux planches volées au voisin, et du ruban adhésif... Il y a une grande cheminée dans un coin, beaucoup trop pour le volume de l'endroit, et du coup, tout le monde surchauffe. La chaleur ambiante fait remonter les effluves d'alcool, mélangées à celles de sueur des consommateurs entassés et à la fumée des cigares, pipes, et autres tabacs. Au fond, vous trouverez un bar tenu par un vieil ivrogne rachitique, qui essaie de dissimuler sa calvitie sous les quelques cheveux gras qui lui restent en les rabattant sur le dessus du crâne. Vous l'aurez comprit, le Voile Brumeux, c'est loin d'être l'endroit où l'on aime s'arrêter pour s'en jeter un et décompresser.

Et bien pourtant, le type assit à la table dans le coin là bas, en train de mâchouiller sa pipe en ruminant, c'est bien moi. Je suis... Quoi, comment ça toutes mes histoires commencent dans un bistro ? Mais et alors ? Est-ce que je te demande si ta sœur tond sa pelouse, moi ? Alors ferme là et m'interromps plus ! Et puis merde, hein, 'y a bien l'autre con qui met des vieux dans toutes ses aventures. Chacun son truc. Moi c'est les bistrots. Et puis c'est quand même pas ma faute à moi si chaque fois que les ennuis me tombent dessus, c'est à la taverne ! (2) Bref, j'en étais où moi avec tout ça... Oui, voilà, je suis assis au fond de la salle.

Donc je suis en train de ruminer. La journée, puis la soirée ont été particulièrement mauvaises. (3) J'attends que Lily, joli prénom pour une serveuse si laide, m'apporte enfin une pinte sans en renverser la moitié par terre. Je l'observe de loin en train de hurler sur un client qu'elle accuse de l'avoir fait trébucher. Pourtant, le pauvre bougre n'a eut que la malchance de la voir se prendre les pieds sur une latte de plancher branlante près de lui. La dispute s'envenime et on se menace à qui mieux mieux. Finalement, une bagarre éclate et les chaises volent. Non n'ayez pas peur pour Lily. Actuellement, elle a la tête d'un ivrogne coincée sous une de ses aisselles velues tandis qu'elle en matraque un autre avec le pied d'une table. Elle se débrouille très bien. (4) Mais pendant ce temps là, moi, je peux mourir de soif...

Je pousse un soupir en même temps qu'un long filet de fumée. Cela fait un certain temps que je n'ai pas eut de travail, et mes finances s'amenuisent. Si ça continue ainsi, je risque de devoir dormir bientôt sous les ponts. Et honnêtement, les odeurs de poisson pas frais et les oiseaux d'eau douce qui viennent vous picorer le crâne, j'ai connu mieux... Déjà que j'en suis réduit à squatter des bouges minables comme le Voile... Ce n'est vraiment pas digne du grand Caïn de Ballaad tout ça... J'en suis là de mes sombres réflexions, lorsque j'aperçois ce type étrange, qui se glisse discrètement entre les tables encore sur leurs pieds, les belligérants, les coups et les couverts qui volent. Je dis étrange, car il dénote totalement des consommateurs habituels de la taverne. Avec ses cheveux poivre et sel, soigneusement coiffés en catogan, ses petites lunettes étroites, et son air sérieux... enfin, surtout sobre... Il porte une veste bleu marine à épaulettes, ornée de dorures aux manches et aux revers, tout à fait dans le genre majordome du riche bourgeois. Ses petits souliers vernis et son nez froncé par les effluves ambiantes renforcent encore ma conviction. Il vient des quartiers riches. Et il arrive droit sur moi, aussi raide que s'il avait un balai coincé dans le... enfin droit comme un I quoi.

-Monsieur Caïn de Ballaad ? » me demande-t-il lorsque enfin il atteint ma table.

Son ton est formel, et m'est avis qu'il rempli là une sorte de mission. On l'a sûrement envoyé me chercher. Il tente de rester le plus digne possible, mais ne cesse de jeter des regards désapprobateurs au conflit ambiant. Je suis persuadé que mon calme immuable et mon sang froid dans un tel climat l'impressionnent. Je lâche une nouvelle bouffée de fumée, puis lui répond par une autre question.

-Vous savez qu'attifé de cette manière, vous risquez de décéder à chaque seconde dans ce quartier ?

-J'en déduis qu'il s'agit bien de vous. »

Il pousse un soupir de soulagement et se détend un peu. Il a dû écumer tous les pires tripots du coin avant de me trouver, et il doit être impatient de retrouver la sécurité de ses appartements luxueux. Mais en une seconde, il retrouve contenance. Il se redresse et me jette un regard résolu.

-Je suis ici au nom de mon employeur. Celui-ci aurait un travail à vous confier. »

Je laisse planer quelques secondes de silence, tout en le jaugeant du regard. Pour le mystère. Je porte ma pipe à ma bouche, et me rend compte qu'il n'y a plus de tabac. Je la mordille donc. Histoire de faire croire que c'est fait exprès. Enfin, je veux dire... C'était ce que je voulais depuis le début, évidemment ! Bref, je sens que je fais mon petit effet. L'homme a l'air impressionné. Je croise les bras et m'affale un peu plus sur ma chaise.

-Vraiment ? Et bien pourquoi pas. Je suis disponible. De quoi s'agit-il ? Vol ? Meurtre ? Espionnage ? Kidnapping ?

-Non, rien d'aussi vulgaire, monsieur. Il s'agit plutôt de retrouver un objet. Cela pourrait être long, mais la récompense en vaut la chandelle.

-Un objet disparu ? Avec long voyage, enquête fastidieuse, et camping inconfortable à la clé ?

-Cela pourrait effectivement faire partie de l'équation, monsieur.

-Alors je ne suis pas intéressé. Je déteste le camping. » (5)

Je me détourne et jette un œil torve à la dispute qui semble se calmer un peu. La conversation est terminée. Enfin, c'est ce que je me dis avant d'entendre le son bien particulier d'une sac de monnaie qu'on lâche sur une table. Devant moi, une bourse à l'aspect bien garnie est apparue. Le laquais me regarde avec méprit, comme si ma réaction était parfaitement odieuse. Néanmoins, il explique :

-Ceci est une avance. Et ce n'est que le dixième de ce que vous recevrez si vous acceptez cet emploi. »

Je soupèse la bourse. Il y a là de quoi vivre un mois entier dans le stupre et l’opulence sans avoir à jamais travailler. Dix fois plus... Presque un an à ne rien faire. Je range dans ma poche la bourse et souris au majordome.

-Et bien mon ami, vous avez trouvé votre homme. Et si vous me parliez de cet objet plus en détails ? »

Ce n'est pas lui mais Tommy l'Avare, un des piliers de comptoirs du Voile Brumeux, qui me répond.

-Hey, mec, dis voir... J'ai la berlue ou t'viens d'toucher l'pactole ? T'vas bien partager avec tes potes non ? »

Tommy est complètement saoul, et pue un peu plus que la plupart des gens présents ici. Il s'est approché attiré par le son des pièces de monnaie, et a passé un bras par dessus les épaules du bourgeois avant d'oser m'adresser la parole. Ce dernier s'écarte rapidement, s'exclamant d'un « Oh mon dieu ! » parfaitement viril, avant de se placer près de moi. Tommy n'a pas la tête du gars qui vient de remporter un combat. A mon avis, il est frustré par les coups qu'il vient de ramasser, et il compte bien se refaire une santé sur mon dos. J'affiche un petit sourire en coin ironique. Cet idiot sait très bien qu'il ne fait pas le poids.

-Non seulement je n'ai pas l'intention de partager, mon petit Tommy, mais j'ai bien l'intention de partir d'ici bien tranquillement. Et pas plus tard que tout de suite. Maintenant si tu veux bien t'écarter...

J'insiste sur le « petit ». En effet, il est de notoriété publique qu'en plus de ses autres tares, l'homme a un certain complexe a compenser. Il fronce les sourcils, serre les dents et les poings, mais a encore un souvenir cuisant de la dernière fois qu'il m'a provoqué. (6) Soudain, un sourire mauvais apparaît sur ses lèvres, qui ne m'inspire rien de bon.

-Hey les gars ! » lance-t-il à l'assistance dans son dos.

Les dernières braises d'échauffourée se sont éteintes, et il ne lui est donc pas difficile d'attirer l'attention de la clientèle du Voile. La plupart son en train de masser leurs bleus et écorchures, et tournent bien docilement leur attention vers celui qui hurle le plus fort.

-Ne fais pas ça, Tommy, je le préviens, l'air beaucoup plus sérieux, un grondement dans la voix.

-Vous savez quoi ? Y'a m'sieur de Ballaad là, qui vient d'se faire un joli paquet, et il a même pas l'intention d'payer sa tournée ! Franchement, ça s'fait pas, on est d'accords ? »

Grand brouhaha d'assentiment derrière lui. La foule s'approche l'air menaçant et à la fois ravie de pouvoir passer ses nerfs encore à vif sur un bouc émissaire. A coté de moi, le laquais panique.

-Hum... Monsieur de Ballaad... Que... que fait-on ? »

Je prends une seconde pour réfléchir. Je pourrais tenter de tous les abattre. Peut-être le pourrais-je, après tout ce ne sont que quelques ivrognes, et moi un combattant de grande classe et de génie. Cependant, certains d'entre eux sont des assassins confirmés, et peut-être possèdent-ils une force méconnue. Certes, aucune de peut rivaliser avec la mienne, mais cumulées, peut-être peuvent-ils me poser problème. Et puis j'ai ce problème de dos en ce moment... Non, raisonnablement, la fuite s'impose. Mais comment échapper à une foule qui vous occulte toutes les sorties, me demanderez-vous ? Et bien sachez que votre brillant ami que je suis prend toujours la précaution de ne s'asseoir que proche d'une fenêtre. Certes, jamais devant une fenêtre. Je ne suis pas stupide. J'ai moi-même eut une bonne partie de mes cibles de cette façons. Mais suffisamment proche pour pouvoir l'atteindre en cas de danger. Car oui, ce n'est pas la première fois que j'ai à fuir une auberge. (7) Je recule donc lentement près de la fenêtre, traînant le majordome derrière moi. Arrivé assez près, je brise la vitre d'un coup de coude, et crie à mon boule... protégé :

-Sautez !

-Quoi ? demande-t-il, livide.

-J'ai dit : sautez ! »

Voyant qu'il ne réagit pas, je l'attrape par le col et le fait passer par dessus le rebord. La masse de poivrots s'est entre temps rendue compte de mon plan pourtant si subtile, et se rue sur moi. J'ai juste le temps de grimper d'un bond agile sur la fenêtre, qu'ils sont presque sur moi. Je me retourne, l'air glacial. Un vent puissant entre par la fenêtre, semblant émaner directement de moi, et repousse en arrière toute la foule de furieux, qui s'arrête net.

-Ne me suivez pas, j'ordonne, grave. Et toi, Tommy... »

Je lui fais un grand sourire de carnassier.

-Je ne t'oublies pas ! On se reverra bientôt ! »

Je saute dans la rue. Le bourgeois est en train d'épousseter ses vêtements. Lorsqu'il me voit approcher, il me demande :

-Sommes-nous en sécurité ?

-Pas encore, je réponds. Ils vont nous poursuivre, il faut partir. Il habite où, votre maître ? »

Je l'attrape par le bras et l'entraîne derrière moi. Telles deux ombres, nous nous noyons dans les brumes grimpant du fleuve et disparaissont des quais.
______

(1) Moi-même, j'ai beaucoup travaillé dans les environs. Le travail n'a jamais été aussi simple ! Je pouvais ouvrir une gorge et aller m'en jeter un dans l'auberge la plus proche, sans que personne ne remarque rien...

(2) Certains diront que si j'y passais moins de temps...

(3) Sans entrer dans les détails, j'ai prit l'étal d'un poissonnier sur les pieds de bon matin, j'ai passé la journée à courir après un sale gamin pour récupérer ma bourse, que trois bouseux ont remportée dix minutes plus tôt aux courses de tortues. Si si, c'est très sympa, sauf quand celle sur laquelle vous misez est une gourdasse complètement stone pas foutue de mettre une patte devant l'autre...

(4) Enfin pas aussi bien que Gertrude la Brutale. Une jeune barbare du Sud que j'ai rencontré une fois. 1m80, blonde aux yeux bleus. Sur la papier, ça sonne bien, pourtant... Cette fille là pouvait vous dépiauter la moelle des os avec les dents. Véridique.

(5) C'est sûr, ça a l'air romantique comme ça, ça fait vacances et tout ça... Mais on dort mal, on prend des coups de soleil qui brûlent en frottant contre la paillasse, on se fait bouffer par les moustiques... J'ai horreur de ça !

(6) Pour faire court, avant notre dernier petit échange, il n'avait aucun complexe. Il en était même plutôt fier. Mais je l'avais prévenu que je la réduirai de moitié s'il insultait encore une fois ma mère.

(7) Non je ne vous raconterai pas d'anecdote là dessus. Il faudrait un volume entier pour toutes les énumérer.
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MessageSujet: Re: Les mémoires de Caïn - Vol. 1 : Le Cor des Abysses   Sam 21 Juil - 9:29

II

Mon guide se nomme Virgil, et il me mène chez son maître Archibald Dockhardt. Nous traversons toute la ville pour arriver jusqu'au quartier riche, si bien que lorsque nous atteignons notre but, il est déjà le petit matin. Ce vieil Archi' vit dans une demeure considérable, pour quelqu'un qui n'est pas un noble. (Je tiens cette information de son valet). L'endroit est un manoir imposant, au style moderne, dont les murs sont parcourus de grandes fenêtres et baies vitrées. Il possède une tour à l'extrémité Est, et est cerné par un haut mur d'enceinte, lui-même encerclant un parc de plusieurs hectares, où vous trouverez si vous cherchez bien divers animaux en liberté, que ce soit dans le petit bois tout au fond, et près de l'étang proche de l'entrée. Un imposant portail en fer forgé en garde l'entrée, campé par deux gardes qui saluent le laquais de la tête à notre passage. Une longue allée bordée de fleurs et statues mène à la bâtisse. Bref, cette histoire va me rapporter un sacré magot !

Nous passons la porte d'entrée, deux lourds battants de bois finement gravés eux aussi gardés par deux hommes, pour entrer dans le hall. Celui-ci pourrait contenir deux maisons des quartiers modestes avec leurs jardins respectifs. La hauteur de plafond est impressionnante. Deux grandes portes à double battants sont visibles de chaque coté de la salle. Face à l'entrée, un superbe escalier de marbre noir grimpe d'un étage puis se sépare en deux et continue à monter de chaque coté pour atteindre un balcon à droite, et un autre à gauche. Le tout est richement décoré de divers tableaux, de tentures lourdes aux couleurs vives, de sculptures et autres œuvres d'art. (1)

-A gauche, m'explique Virgil, se trouvent d'une part les cuisines et réserves, de l'autre plusieurs salons et la salle de réception. A droite, une porte vous mènera au musée personnel de monsieur Dockhardt, et l'autre aux appartements et commodités réservés aux invités.

-Archibald possède un musée rien qu'à lui ? je demande.

-Tout à fait. Il réunit tous les artefacts, toutes les antiquités, et les plus précieuses œuvres que mon maître à réussit à réunir jusqu'ici. Et appelez le monsieur Dockhardt, s'il vous plaît. »

Je fait un petit sourire en coin devant l'air coincé de mon guide. Il semble s'en offusquer et fronce les sourcils. La manœuvre a sans doute pour but de m’impressionner, mais j'ai vu plus effrayant, honnêtement. (2) Aussi, je n'en tiens pas compte avant de reprendre.

-Et bien, qu'attendons-nous pour aller rencontrer ce bon Archi' ?

-Vous ne rencontrerez pas monsieur Dockhardt maintenant, monsieur, répond-t-il en augmentant d'un ton, l'air toujours plus guindé. Mon maître dort, si tôt le matin. Figurez-vous que j'ai passé la nuit à vous chercher par monts et par vaux, monsieur. En conséquence, il vous faudra attendre qu'il soit levé. En attendant, je vais vous accompagner jusque une chambre mise à votre disposition. Vous pourrez vous y reposer. Et également utiliser les commodités pour vous... rafraîchir. »

Il me lance un regard désapprobateur, et je comprends que je dois encore porter sur moi l'odeur si particulière des tavernes. C'est mon tour de faire la moue. Un simple larbin ose mépriser le grand Caïn de Ballaad ? Moi qui ait résolu les énigmes du Temple de Mitra ? Moi qui ait déjoué les pièges d'Elias le Fourbe ? Moi le grand vainqueur de la belette de Winchester ? (3) Si je m'écoutais, je lui arracherai les dents une par une avant de les lui faire avaler. Et pas par la bouche, si vous voyez ce que je veux dire. Mais cela ruinerait mes chances d'obtenir ce contrat, et j'ai besoin de travailler. Aussi me contente-je de lui sourire et de répondre.

-Vous serez bien aimable mon brave. Je vous suis. »

Patience, la vengeance est une assiette qui se sert glacée, ou quelque chose dans ce genre là...


* * * * * *


-Monsieur de Ballaad ! Monsieur de Ballaad ! »

Je viens de m'allonger sur le lit de la chambre(4) que m'a alloué Virgil. Cet odieux petit laquais vient à peine de s'en aller qu'il tambourine à ma porte comme un cinglé en hurlant mon nom. Je ne sais pas ce qu'il a oublié mais il a intérêt à ce que ce soit important. J'étais sur le point de sombrer dans les bras de Morphée.

-Entrez. je lui réponds d'une voix un peu rauque. »

Le voilà qui surgit dans ma chambre telle une rafale furieuse, emportant tout sur son passage.

-Ce n'est pas trop tôt ! S'exclame-t-il.
-Comment ça, ce n'est pas trop tôt, je viens à peine de m'étendre, je m'indigne. Et à ce propos, j'espère que vous avez une bonne raison de... »

M'ignorant royalement, il ouvre en grand les rideaux et le soleil d'après-midi inonde la pièce, m'embrasant les rétines.

-Cela fait des heures que vous dormez ! me fustige le majordome. Monsieur Dockhardt vous attendait pour neuf heure du matin, il est presque midi !
-Ah bon ? je m'étonne. Mmoui... Peut-être...»

D'accord, je perds un peu de ma verve habituelle, mais je suis occupé à me frotter les yeux en essayant de chasser la sensation de brûlure. Et je suis encore étonné que plusieurs heures aient défilé. Je n'ai même pas l'impression d'avoir dormi... Je me redresse en m'étirant et en bâillant. Ce bon Virgil peut ainsi constater que même dans ces moments là, je ne perds rien de ma majesté. Je me lève, réajuste mon pantalon et me dirige tranquillement vers le broc d'eau destiné à ma toilette.

-Cessez de vous gratter les fesses et dépêchez-vous, je vous en prie ! m'admoneste le domestique. »

Je lui jette un regard qui a déjà fait fuir une horde de mes ennemis à lui seul.(5)

-Tenez votre langue mon ami, si vous ne voulez pas que je vous gratte si fort qu'il ne restera de vous qu'un tas d'os. »

Le vieil homme se tait, l'air courroucé. Je m'asperge le visage, rajuste un peu ma coiffure devant la glace, et me voilà tout frais pour rencontrer mon employeur. Je fais un grand sourire à mon guide.

-Et bien, je vous attends, mon ami ! Allons rencontrer ce bon vieil Archibald ! »

Virgil fait la moue, mais ne dit rien. Il s'élance dans le couloir et je lui emboîte le pas. Nous faisons le trajet de la veille en sens inverse, et nous retrouvons dans le hall principal. Je pensais que nous nous dirigerions vers les salons, ou peut-être les appartements du maître de maison. Mais non, nous allons en direction de son musée personnel. Et là, malgré tout ce que j'ai vu dans ma longue carrière, je dois reconnaître que je suis bluffé. L'endroit est immense, séparé en plusieurs pièces. La hauteur de plafond est impressionnante et je comprends mieux l'étroitesse des chambres d'invités situées dans la même aile. Le plafond est une succession de différente arches, décoré de peintures compliquées représentant des hommes et des bébés nus.(6] Il est soutenu par toute une série de colonnades torsadées et compliquées. L'espace est gigantesque. Cette première pièce semble dédiée à la mer en général. On y trouve toutes sortes de maquettes de navires, de représentations d'animaux marins plus ou moins fantaisistes. Il y a là également de vrais morceaux de navires, comme un gouvernail, une voile, et même une partie d'un mât portant encore son nid de pie.

Nous traversons l'endroit pour passer par deux grandes portes en chêne, et je m'arrête net en entrant dans la seconde salle. Ce n'est pas les dimensions du lieu, qui n'ont rien à envier au précédent qui m'impressionnent. Ni la très complète collection d'objets divers et variés racontant l'histoire du continent, des wyvernes et des griffons... C'est bien l'homme qui est en train d'observer une reproduction parfaite de l’Emblème complet, l'air submergé d'ennui. Kael Valderien. Imaginez un homme plutôt grand, aux longs cheveux bruns tombant en cascade sur ses épaules. Ils sont retenus par un bandeau noué à l'arrière de son crâne, dégageant ainsi son front haut et ses yeux clairs. Il a le port altier et nonchalant du noble sûr de lui. Ses vêtements richement ornés témoignent de sa fortune. Une aura de puissance brute émane de lui. Vous vous en doutez peut-être, mais je le connais bien. C'est, pour ainsi dire, un collègue de travail. Ou un concurrent. Un fanfaron complètement imbu de lui-même, toujours prêt à se vanter de hauts-faits dont il n'a pas accompli la moitié, ayant toujours un quelconque trait d'esprit à la bouche, et qui passe son temps à vouloir séduire la gente féminine. A force de mensonges éhontés, si je ne l'ai pas déjà dit. Tout le contraire de votre glorieux serviteur, pour ainsi dire. Je déteste ce type...

Lorsqu'il m'aperçoit il me lance un sourire ironique, et me jauge du regard des pieds à la tête. Ce qu'il voit à l'air de l'amuser. Son sourire s'élargit.

-Caïn ! Mon cher ami !(7) il s'exclame. Enfin tu daignes quitter ton lit pour nous rejoindre ! Comment vas-tu ? Pas si bien que ça, à ton allure. Les temps sont durs ? Ou bien, te rendant compte que tu ne t'étais pas réveillé, t'es-tu simplement précipité ici sans même prendre le temps de faire un brin de toilette. Au risque de nous imposer l'odeur de tes excès de la veille... »

Vous ai-je déjà dit que je déteste ce type ? Et il est toujours aussi odieux que ça, maniéré, à se croire bien supérieur à tout le monde...

-Kael ! Ravi de te revoir ! En effet, j'ai choisi de terminer ma nuit avant de vous rejoindre. Vois-tu, ma soirée a été particulièrement agréable et s'est terminée tôt ce matin, si tu vois ce que je veux dire. Je sais qu'il ne t'arrive pas souvent de goûter à de tels plaisirs, ce n'est pas le lot de gens du commun. Aussi vois-tu, il faut du repos après de tels efforts. Mais je ne te demande pas de comprendre. Et puisque tu es encore là à poireauter devant ces vitrines, il est évident que vous ne pouviez commencer sans moi, de toutes façons. Dockhardt n'a pas daigné te recevoir ? »

Mon homologue fait un légère moue qui me satisfait grandement, puis affiche un sourire plus large encore.

-Effectivement, il préférait que nous soyons tous les deux avant de débuter. Mais je ne doute pas qu'une fois qu'il aura vu ta piètre mine, il se rendra compte qu'il n'a besoin que de l'un d'entre nous... »

Je m'apprête à lui lancer au visage une réplique cinglante mais néanmoins pleine d'esprit , lorsque une voix rauque nous interrompt.

-Je vous en prie mes amis ! Cessez ces joutes verbales ! Si je vous ai convoqué tous les deux, c'est pour une raison bien précise. »

Archibald Dockhardt vient de faire son entrée, par les portes menant à la troisième salle de son musée. Je m'attendais à voir un vieux hibou rachitique. Ou un jeune bourgeois m'a-tu-vu. Mais pas du tout, c'est un homme dans la force de l'âge qui se tient devant nous. Grand, bien bâti, il a les cheveux et le bouc noirs et épais. Il a la carrure de celui qui a travaillé dur toute sa vie, et pourtant le ventre de celui qui n'a plus rien fait seul depuis quelques années. Il porte un épais pull bleu de marin, une casquette de capitaine noire, tout comme son pantalon de toile épaisse. Une pipe brûle entre ses lèvres, et une petit chien l'accompagne. Un terrier blanc, au pelage frisé. L'homme nous fait signe de le suivre, et nous entrons dans la dernière salle. Je remarque qu'il boite légèrement... De bien moindre envergure et beaucoup plus sobre niveau décoration, presque intime, la troisième pièce regroupe peu d'objets tous plus disparates les uns que les autres. Il y a là une épée rouillée brisée en deux, un carquois de flèches presque vide, une harpe en bois grossier et mal taillé, une amphore en terre cuite scellée... Tout un bric-à-brac sans intérêt, quoi... Une fois que nous sommes entrés, Archibald nous fait face et reprend là où il s'est arrêté.

-Comme vous l'a sûrement dit Virgil, je suis Archibald Dockhardt. L'homme le plus riche de Griff'Or et de la région, et grand collectionneur. Ancien marin, je m'intéresse à tout ce qui touche de près ou de loin à la mer, évidemment, comme vous avez pu le voir dans la première salle. Je suis un passionné d'histoire, ce qui explique mon intérêt pour les objets de la seconde pièce. Mais mes plus grands trésors, les plus précieux, se trouvent ici, dans ce lieu interdit au public. »

Kael et moi échangeons un regard entendu, après avoir balayé la salle du regard.

-Pardonnez moi, j'interviens, évidemment je comprends votre intérêt pour les déchets en tout genre, mais je ne vois pas en quoi cela nous concerne...
-J'y viens monsieur de Ballaad, j'y viens. Voyez-vous, déjà du temps où j'étais marin, j'étais un chercheur de trésors. Je dois ma fortune au magot englouti du légendaire pirate Rackham le Pourpre d'ailleurs. Les objets que vous voyez ici ont peut-être l'air de babioles, mais il s'agit en fait d'objets de grand pouvoir, où de ce qu'il en reste. L'épée brisée, ici, était autrefois Brûloir, la légendaire lame enflammée de Gaudefrois de Moutrimail. L'amphore que vous voyez là est censée être la prison d'un esprit malin particulièrement puissant et retors nommé Azazël. »

Encore une fois, je jette un regard sceptique à l'objet en question. Avec un sourire ironique, je demande à mon futur employeur :

-Avez-vous essayé de l'ouvrir pour vérifier ? Car sinon, je ne vois pas comment vous pouvez être sûr qu'il est bien là dedans, votre esprit. A moi, elle m'a tout l'air d'une cruche vide.
-Loin de moi l'idée de donner raison à mon confrère, s'interpose Kael, mais effectivement, elle ne paye pas de mine. »

Dockhardt nous affiche un sourire satisfait. Il laisse passer quelques instants avant de nous répondre, et s'approche à pas lents de la vitrine où l'objet est enfermé. Il l'effleure du bout des doigts. Il ménage bien ses effets, le bougre. Mais un peu trop théâtral à mon goût.

-Vous avez raison. On ne peut être sûrs de rien. Mais le nombre impressionnant de pièges et protections qui entouraient cette cruche vide dans le temple où je l'ai trouvée, ainsi que les innombrables messages de prévention qu'on y lisait, ne laissent pourtant aucun doute. »

Nous restons tous deux silencieux. Je crois que nous nous rendons compte en même temps que ce riche bourgeois est, ou a été, bien plus que ça, il n'y a peut-être pas si longtemps. Toutefois, je ne peux m'empêcher de remarquer :

-S'il y avait tant d'avertissements, ce n'était peut-être pas très malin de le sortir d'où il était... »

Le vieux marin se tourne vers moi, le regard enflammé, témoignant d'une force pas tout à fait éteinte.

-Peut-être bien. Mais il y a des passions qui se doivent d'être assouvies. Auxquelles on ne peut dire non... »

Il laisse planer un nouveau silence. Personnellement, je ne vois absolument pas de quoi il parle. On a toujours le choix, et si on s'en remet un peu à son cerveau, on a peu de chances de faire le mauvais. Mais je me tais pour une fois. De toutes évidence, c'est un vieux fou. Je souris donc aimablement en attendant qu'il continue.

-Voyez-vous jeunes hommes, reprend le loup de mer, mon temps est passé. J'ai vécu mon content d'aventures, et l'une d'elle en particulier m'a fait prendre conscience qu'il était temps d'arrêter. »

Il masse sa jambe boiteuse.

-Mais ma soif de collecte et de trésors est toujours bien présente. J'envoie régulièrement des hommes de votre trempe(Cool parcourir le continent pour en explorer les secrets, et me ramener divers trésors cachés. Et récemment j'ai réussit, après des années de recherche, à découvrir l'emplacement de l'un d'entre eux. Sans doute l'un des plus grands secrets, l'un des mieux dissimulés de tout Valor. Et j'ai besoin de vous pour aller me le récupérer. »

Il laisse planer une instant de suspense. J'en profite pour m'insérer dans la brèche de son mur de blabla grandiloquent.

-Mon seigneur, sachez que vous avez devant vous le meilleur chasseur de trésors du continent, si ce n'est plus. J'irai avec joie vous chercher cet objet, quel qu'il soit. Cependant, je suis largement capable de m'en charger seul. Aussi, je ne vois pas bien l'intérêt de la présence de monsieur Valderien. Vous avez sans doute entendu parler de mon légendaire combat contre Lyon, le mage Sombre. Ou du brio avec lequel j'ai débarrassé la région de Sherwood de ses brigands utopistes.
-Allons allons ! Intervient Kael. Mon cher ami Caïn se flatte, monsieur Dockhardt, mais ne croyez pas la moitié des exploits dont il se vante. Pour la plupart ce ne sont que forfanteries sorties de son imagination. Les brigands de Sherwood ? Une bande de gueux à moitié mort de faim avec un arc et une flèche mal confectionnés pour trois. Et ce n'est que pur chance s'il a pu venir à bout de Lyon. En revanche, j'ai moi-même abattu Sauron le Noir, et exploré la cité engloutie à Tlantis pour en ramener le bouclier d'airain. Il me semble que je suis le plus à même de...
[color=darkblue]-Mais enfin, ce Sauron n'avait qu'un œil, et j'ai été le premier à découvrir Tlantis.
-Encore de la chance, tu as simplement faillit te noyer dans les parages alors que...
-Messieurs, ça suffit ! »

La voix rauque de Dockardht nous mouche pour le coup. On y sent toute l'autorité de l'ancien capitaine. Il fronce les sourcils, agacé. Il est vrai que nous faisons souvent cet effet là à notre entourage, lorsque Kael et votre serviteur nous trouvons dans la même pièce...


-Je suis parfaitement au fait des exploits de chacun, merci. C 'est d'ailleurs pour cela que je vous ai choisit tous les deux. Parce qu'il me fallait les meilleurs. Pas LE meilleur, mais LES meilleurs. Voyez-vous, j'ai déjà envoyé plusieurs explorateurs chevronnés en quête de cet objet. Aucun n'est revenu. Vous ne serez pas de trop de deux pour venir à bout des pièges qui doivent l'entourer... »

Un court silence.

-Combien en avez-vous envoyé jusqu'ici ? je demande.
-Huit.
-Hein hein... Et tous chevronnés vous dites ?
-Des hommes forts, effectivement. Tous célèbres pour des exploits presque aussi grands que les vôtres...
-En effet, tout cela semble extrêmement dangereux...
-Tout à fait. Et il faudra voyager loin. Sans compter qu'il s'agit d'une région inhospitalière et dangereuse.
-Bien sûr, bien sûr, c'est évident... »

Encore un silence.

-Voyez-vous, mon cher Dockhardt, je reprends, je continue à dire qu'un seul d'entre nous serait suffisant.
-J'approuve, confirme Kael. De plus, nous sommes totalement inefficaces lorsque nous collaborons.
-C'est vrai, les conséquences sont à chaque fois terribles. Aussi je vous suggère de conserver mon ami Kael. Comme il vous l'a dit, il est le meilleur d'entre nous, et je ne ferai que le gêner.
-Non, bien sûr que non ! s'exclame mon collègue. Caïn est bien plus fort que moi, il vous l'a parfaitement démontré tout à l'heure.
-Mais non voyons, tu seras bien plus efficace que moi.
-Pas du tout ! Après tout, qui a vaincu les brigands de Sherwood ?
-Oh, comme tu l'as dit, ce n'était que quelques paysans affamés. Et ils n'étaient pas si nombreux en plus. Alors que toi ! Ce Sauron possédait une puissance magique qui faisait trembler tout le continent lorsqu'il la déchaînait !
-Peut-être, mais il était borgne comme tu l'as dit. Il m'a suffit de venir sur sa gauche en silence, il ne m'a même pas vu approcher. Ce n'est rien en comparaison de la fois où tu as vaincu à toi seul un régiment d'Ardhes !
-Tu sais, les événements ont été grandement exagérés, et puis...
-Encore une fois, ça suffit messieurs ! »

Archi' nous lance un regard noir. Il mâchouille nerveusement le bout de sa pipe.

-Plus personne n'ira seul. Ces ruines sont bien trop dangereuses. Vous êtes les meilleurs tous les deux, je vous embauche donc tous les deux pour y aller. Et croyez moi, vous aurez intérêt à collaborer si vous voulez rester en vie. »

Il laisse planer un nouveau blanc. Mon compagnon et moi nous faisons à l'idée de devoir passer des jours, voir des semaines ensemble. Ça ne va pas être des vacances. Oui c'est vrai, la recherche de l'objet en question dans un milieu inconnu, inhospitalier et dangereux, ça ne va pas être de la rigolade non plus. Mais ce serait beaucoup plus supportable sans l'odieux associé qui m'est imposé.

-Bien, reprend Archibald, une fois le calme revenu. L'objet que vous devez me rapporter est le Cor des Abysses. »

Nulle réaction de ma part, ni de mon acolyte forcé. Inconnu au bataillon, celui-là.

-Votre voyage est déjà organisé. Virgil vous expliquera tout en détail. Il vous donnera également une avance sur votre salaire, pour les frais éventuels que vous pourriez avoir. Pour terminer, je n'ai qu'une seule recommandation à vous faire. Surtout, quoi que vous fassiez, ne soufflez pas dans le Cor ! C'est entendu ? »

Mon camarade et moi acquiesçons.

-Bien, pour le reste, vous pouvez bien vous y prendre comme vous voulez, je n'y attache pas d'importance. Si vous trouvez autre chose dans ce temple maudit, libre à vous de vous servir. Sur ce, vous pouvez prendre congé. J'ai à faire. Bonne chance.
-Messieurs, si vous voulez bien me suivre... »

C'est le majordome qui prend la suite de son maître. Nous l'avions presque oublié, tant il s'était si bien tenu silencieux dans son coin. Valderien et moi même saluons notre employeur, l'un avec beaucoup plus de grâce et d'élégance que l'autre, puis emboîtons le pas du laquais. Tandis qu'il nous expose les différentes étapes de notre voyage, je pense à l'aventure dans laquelle je viens de m'embarquer. Je ne saurai dire pourquoi, mais je ne la sens pas bien. Mais c'est peut-être simplement dû à la compagnie forcée de la personne que je hais le plus en ce monde...


________

(1) Si vous voulez mon avis, tout ça est affreusement tape à l’œil. Cet homme est loin d'avoir mon goût et mon raffinement. Si vous me laissiez faire, je transformerai cet endroit en un palace tout à fait superbe, et avec beaucoup plus de simplicité. Prenez ces gamins tout nus avec des ailes et des arcs là, par exemple. Et bien je vous balancerai tout ça aussi sec et à la place... Ah vous vous en fichez ? Bon, tant pis alors...

(2) Croyez moi, l'intérieur d'un serpent de mer géant, il y a plus glamour. Mais je vous raconterai cette histoire une autre fois...

(3) Celui-là sonne beaucoup moins impressionnant, je vous l'accorde. Mais il ne faut pas vous y fier, cet animal rendait la vie impossible à tous les habitants de la région !

(4) Pas bien luxueuse, les chambres d'hôte pour un type si riche. Un simple lit une place, très sobre, au matelas plutôt raide. Elle est étroite et mis à part le sommier, le mobilier se compose d'une simple armoire et d'une étagère. Il n'y a qu'une fenêtre, ronde, semblable à un hublot. Le tout fait étrangement penser à la cabine d'un navire. C'est assez spartiate, pour un invité de mon standing...

(5) Bon, aucun n'avait plus de douze ans, d'accord... Et ils n'étaient que trois. Mais on peut tout de même parler d'une horde.

(6) On peut les appeler anges et chérubins si vous voulez, moi je trouve quand même ça particulièrement louche...

(7) Vous voyez ? Première phrase et premier mensonge.

(8 ) Il doit exagérer sur ce point... Il est évident qu'il n'existe aucun autre homme de ma trempe...
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Les mémoires de Caïn - Vol. 1 : Le Cor des Abysses
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